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LNH: Le gros bordel des séries 2017


 

 Guillaume Arcand 

Ces premières séries éliminatoires réellement normales depuis 3 ans me rappellent plein de beaux souvenirs, notamment à quel point les séries 2017 étaient un véritable bordel dont les histoires se cumulaient aussi vite que la «drama» à Occupation Double.

Les séries 2017 ont réussi à faire passer le but de Rickard Rakell, qui a promu les théories du complot comme quoi la LNH est anti-Canada, pour un évènement assez banal.

Ô Canada ou ô complot?

Quelles sont les équipes canadiennes à faire les séries éliminatoires cette année-là? Ou plutôt, quelles sont les équipes canadiennes à avoir MANQUÉ les séries? Il s’agit des Jets et des Canucks.

C’est tout. C’est certain qu’un engouement au Nord de la frontière allait être plus fort qu’à l’habitude à cette période de l’année.

Et les équipes canadiennes ont offert une très belle performance, en général. Mais, ô comble de la surprise, les théories du complot comme quoi la LNH est un organisme pro-États-Unis voulant la destruction des équipes canadiennes (et du Canada) ont été TRÈS alimentées.

Plus que jamais.

Prenons un exemple flagrant: le match 5 entre les Oilers et les Ducks, match où les Ducks ont remonté un déficit de 3 buts en moins de 5 minutes (!!!) en fin de match.

Est-ce que le fait que le 3e but des Ducks ait été accepté est discutable? Mais bien sûr! Mais est-ce que blâmer uniquement les officiels de la LNH pour ce but est pertinent, alors que les Oilers ont tout de même gaspillé une si belle avance? NON! Surtout pas!

Les fans de hockey canadiens, en général, avaient tellement laissé plus parler leurs émotions que leur raison (sans quoi ils auraient D’ABORD blâmé les Oilers avant les arbitres) que certains fans de hockey au sud de la frontière avaient commencé à faire un portrait de l’amateur canadien de la LNH: tout blâmer sur les officiels, prendre les clubs canadiens en victime, croire que toute l’administration de la LNH est contre eux.

Bref, juste cela, c’était quelque chose de gros comme évènement. Et ce n’est qu’une infime partie de ce qui a rendu les séries 2017 aussi excitantes.

Deux gardiens en mission

L’intertitre aurait pu être ”deux équipes en mission”, mais je crois également qu’il est impossible de passer sous silence la performance des gardiens de chacun des clubs en question.

Il s’agit de Craig Anderson (Senators) et Pekka Rinne (Preds). Si Rinne voyait ses chances de parader avec Lord Stanley se rétrécir à ce moment à cause de son âge, on peut dire de même avec Anderson, en plus de se rappeler qu’il a probablement voulu faire honneur à sa femme qui a combattu le cancer cette année-là en démontrant un réel esprit de compétiteur.

Rinne a réussi à mener le dernier club qualifié dans l’Ouest aussi loin qu’en finale. Il a manqué d’énergie en finale, et moindrement que tu manques d’énergie face aux Pens, ça ne va pas bien. Sans Rinne, on ne serait pas là à se plaindre que Rinne a été moyen face aux Pens en 2017.

Anderson a, tant qu’à lui, réussi à réunir les efforts nécessaires pour battre les Bruins et les Rangers, pour ensuite faire en sorte que les Sens soient l’adversaire ayant causé le plus de difficulté aux champions en titre cette année-là. Eh oui, même plus que les Caps.

Sérieusement, qui aurait pu prédire une telle performance de ces portiers, au point d’être capable d’amener leur club respectif dans le carré d’as?

Vague dorée prédatrice

Je pense que le terme vague est approprié pour ce que je m’apprête à décrire… ou pas. On peut parler d’un tsunami, car on parle de quelque chose de vraiment dévastateur.

Et disons que c’était différent de ce que nous avons vécu il y a près d’un an au Québec avec le long parcours du Canadien.

Oui, les fans du Canadien n’ont peut-être pas été parfaits. Oui, il y a eu quelques imbéciles dans ce mouvement d’espoir étant derrière cet effort inespéré de la part du Canadien.

Mais en été 2021, combien de voitures avec le logo d’une équipe adverse ont été brisées? Combien de ”YOU SUCK” et autre du genre ont résonné dans le Centre Bell?

Nahsville a trouvé toutes les raisons d’entendre parler de leurs fans, que ce soit pour les bonnes ou les mauvaises raisons.

Et le plus drôle dans tout ça, c’est le mélange explosif de cette vague de soutient. Ces fans enthousiastes de la capitale de la musique country, ils étaient accompagnés de biens des fans de hockey voulant que les ”undersogs” gagnent et que Pekka Rinne ait enfin sa Coupe, des adorateurs de PK Subban, des partisans des Oilers ET des Flames, qui ont fini par s’entendre sur quelque chose, satisfaits du fait que les Preds les ait vengés en battant les Ducks, et des anti-Crosby.

Quel mélange.

Les briseurs de rêve

Voici le 2e meilleur surnom que j’ai trouvé pour cette conquête des Pens, après «on a battu les clubs classés #1 et #4 pour que, par la suite, bien des gens pensent qu’on va perdre comme le club #8 de l’Ouest».

Au premier tour, les Pens ont réduit en néant les espoirs des Blue Jackets, qui avaient connu la meilleure saison de l’histoire de la concession. Bref, tout était en place pour un parcours en séries tout aussi spécial pour la franchise, mais malheureusement, les Pens étaient là.

Au 2e tour, on se disait «c’est l’année des Caps. Ils ne peuvent perdre ça. Ça fait 2 ans de suite qu’ils gagnent le Trophée des Présidents. Ils ne peuvent pas perdre encore contre Pittsburgh cette année. Enfin, Ovy va goûter à du hockey du carré d’as.» Mais malheureusement pour Washington, leurs rêves ont été brisés par la bande à Crosby.

Encore un rêve brisé par l’équipe appartenant à Mario Lemieux.

Pour qu’une franchise ait un rêve, il faut qu’elle ait des ambitions. Et une autre franchise qui brise ces ambitions, c’est peut-être car elle est assez puissante… pour être une équipe championne.

Les Penguins ont continué leur rôle de Grinch face aux Senators, alors que tous les espoirs étaient permis dans la capitale fédérale canadienne. Les Pens ont privé les Sens et Craig Anderson d’un parcours se concluant minimalement en finale, chose qui aurait été méritée pour un Craig Anderson motivé après tout ce qu’il avait vécu cette année-là.

Les Preds étaient la dernière équipe à voir ses rêves être brisés. À l’instar d’Ottawa, mais de façon plus intense, tous les espoirs étaient permis à Nashville. Rinne jouait par-dessus sa tête, et le système de Peter Laviolette (fait sur mesure en séries quand il dispose d’un gardien qui joue bien, preuves à l’appui) faisait régner une odeur de Coupe dans le vestiaire. Sans oublier le fameux top 4 de Ekholm, Ellis, Josi et Subban qui faisaient beaucoup parler d’eux.

Avant d’affronter les Pens, Rinne avait l’air d’un gardien franchise et de loin, du meilleur candidat au Conn Smythe, toutes équipes et positions confondues. En affrontant les Pens, il avait l’air d’un réserviste.

Comment dire? Bravo aux Penguins d’avoir lancé les rêves d’un gardien et ainsi d’une franchise qui connaissaient des séries du tonnerre aux poubelles? Je ne sais pas comment décrire ça différemment.

Bref, les Pens avaient affaire à des formations qui avaient des buts, des objectifs, et des motivations claires pour les réaliser. Ça ne les a pas empêchés de gagner.

Gagnants et perdants

Évidemment, ce bordel éliminatoire ne peut être sans conséquence. En premier lieu, la réputation du fan de hockey provenant du Canada qui croit à tout plein de complots voulant nuire aux formations canadiennes s’est forgé pendant ces séries.

Mais ce n’est pas juste eux qui ont vu leur réputation perdre de la crédibilité. On peut également penser aux fans des Preds, nouveau paria dans le monde du hockey. Moi-même, quand mon collègue au 7e match Benjamin Matteau m’en a informé, il y a près de 3 ans, je n’y croyais pas.

Et je me suis rappelé que bien des gens enthousiastes dans les frasques de la vague pro-Preds en 2017 n’étaient pas autant ethousiastes à encourager ces mêmes gestes, dont les ”YOU SUCK” en 2018. Ça en dit long.

Nashville reste un environnement très difficile pour l’adversaire qui veut gagner dans son amphithéâtre. Le prix à payer pour permettre cela chez les chandails jaunes est de risquer de se prendre des commentaires comme «eh imaginez crier << you suck>> et voir son équipe être éliminé ce même soir.»

À noter aussi, du côté des perdants, tous ceux qui ont martelé, autant en 2016 qu’en 2017, que Crosby ne méritait pas ses Conn Smythe, et qui vont encore argumenter à ce sujet aujourd’hui.

Sans oublier les Sens également…

Il y a des gagnants, dont les Penguins (NON QUOI), mais aussi un autre ayant perdu face à ces Pens. C’est peut-être ça, la pression de se débarrasser de cette étiquette de perdants qui semblait être collée à eux avec de la super-colle après cette défaite en 2017 face aux champions de 2016 et 2017, qui a permis à Washington d’enfin parader avec Lord Stanley pour la première fois de leur histoire.

On peut aussi mettre les Oilers chez les gagnants, ayant fait un pas vers l’avant dans leur processus victorieux (même si cela aura pris 5 ans avant de vivre une telle chose).

En tous cas, les vrais gagnants de ces séries 2017, ce ne sont ni une franchise, ni une fanbase en particulier, mais bien, avec tout le divertissement apporté, toute la planète hockey au complet et ses nombreux membres.

Comment demander mieux.

Crédit photo: The New York Times, Russian Machine Never Breaks, Sportsnet

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