Ces maudits contestataires!
Par Guillaume Arcand
J’en ai ma claque. Ça doit être mon problème, car je ne peux empêcher personne au monde de débattre, sans quoi ce serait immoral. Cependant, à certaines reprises, j’ai juste le goût de répondre qu’il n’y a juste pas de débat réellement possible et que les gens font juste inventer des controverses par plaisir… ou même par jalousie. Ce mépris, ou peut-être juste ce manque de compassion et de reconnaissance envers de grands exploits et de grands joueurs se caractérise par les nombreuses contestations lors des remises des trophées » NBA Final MVP » à Kevin Durant en 2017 et 2018, et des deux Conn Smythe à Sidney Crosby en 2016 et en 2017. Parce que des grands joueurs qui gagnent des titres du genre, ce n’est pas assez »spécial », »spectaculaire » ou je ne sais quoi encore.
Kevin Durant
En 2017, évidemment trop pour la ligue, les Warriors de Golden State ont gagné le championnat en ne baissant pavillon qu’une seule fois durant tout leur parcours. Ils ont disposé des Cavaliers en 5 matchs, et Kevin Durant a été élu joueur le plus utile des finales (trophée Bill Russel).
En finale, Durant a maintenu une moyenne de 35,2 points par match, en plus de tirer à 55,6% du plancher et 47,4% du 3 points.
Ça, ces chiffres de fou, c’est en incluant le match #4, une joute merdique de la part de la formation basée à Oakland à cette époque.
C’est facile de déterminer qui a été le meilleur joueur des Warriors au courant de ces 5 matchs. Une fois l’annonce tombée, le mépris a été très présent.
Mais bon. La plupart des revendications des contestataires se sont camouflées dans le concert de voix supposant que KD a détruit toute forme de parité dans la NBA à lui seul en offrant ses services à la formation californienne en 2016.

Comme les gens sont frustrés! Toujours dans le négatif.
Pour pouvoir détruire une ligue à toi seul, il faut être bon, pas vrai? Je doute que beaucoup de ces gens au mépris facile et impulsif qui ont servi cette excuse puissent faire ce genre de réflexion… Même si je dois moi-même admettre que l’ailier a réduit la compétition en joignant la bande à Stephen Curry.
En 2018, après une 2e victoire de Golden State, cette fois-ci par balayage, c’est le grand numéro 35 qui a mis la main sur le trophée Bill Russell encore une fois. Là, ça n’a pas passé. Oh non.
Non seulement, chez nos chers guerriers de la » logique », ils n’allaient pas accepter une telle chose, mais en plus, ils sont revenus plus forts, plus belliqueux et plus agressifs, comme des loups devant une proie, car cette fois, ils avaient de plus solides arguments.
Frustrés, ils ont utilisé la performance de Stephen Curry comme principal arsenal dans leur guerre sans pitié. Sûrement parce que la moyenne de points par matchs du surnommé Steph (27,5) et celle de KD (28,5) étaient semblables, en plus que Curry a réussi quelques tirs assez impressionnants pour que toute la sphère sportive sur les réseaux sociaux en soit au courant.
Si vous voulez vous fier aux statistiques, tant mieux. Car une statistique appuie justement mon point. Le pourcentage au tir au plancher de Durant était de 52,6%, contre 40,9% pour le numéro 30 des Warriors lors du dernier championnat gagné par les jaunes et bleus.
Voulez-vous des chiffres? En voilà!
Je crois qu’à l’instar de l’année précédente, il s’agit d’un honneur mérité pour l’ex-membre du Thunder. Même si je sais que beaucoup, beaucoup de gens, même des analystes réputées, ont défendu la candidature de Curry pour le titre, il n’y a qu’un choix logique.
Je suis certain que l’opposition à cette nomination du meilleur joueur des finales en 2018 n’aurait pas été aussi sévère et hargneuse, que ce soit au niveau de journalistes réputées ou de quelques » haters » de Kevin Durant si le célèbre numéro 35 n’en était pas à un 2e Bill Russell en autant de saisons.
Parce qu’il faut du neuf. Absolument.
Comme si remettre un tel honneur à un des meilleurs joueurs de la ligue et probablement un des très bons marqueurs de tous les joueurs qui ont foulé un terrain de la NBA depuis sa fondation, en 1946, à 2 occasions consécutives, c’est du délire. Bien oui! Je me demande dans quel monde certains de ces gens vivent…

Je fais l’affirmation qu’en 2019, au grand désarroi des partisans de la progression absolue, que l’ailier natif de Washington DC aurait fait un triplé en terme de trophées Bill Russel si ce n’était pas de ses blessures cette année-là.
Ses 11 points en 12 minutes d’activité, tous dans le match 5 à Toronto, ne sont qu’un petit échantillon, mais aussi un échantillon suffisant pour indiquer qu’avec un KD en santé tout le long de la finale, les partisans des Raptors auraient eu besoin de patienter encore un moment pour leur première bannière.
On ne le saura jamais, mais on n’a pas besoin d’être un expert pour faire une telle affirmation.
Je fais aussi la prédiction que l’ex double champions avec les Warriors remportera encore le fameux titre individuel, courtisé par tous les finalistes, avec les Nets de Brooklyn en 2022. Vous l’avez lu ici.
Sidney Crosby
À l’instar de Durant, Crosby fait l’objet de beaucoup de haine ici et là. Ses deux Conn Smythe ont fait déchirer des chemises de bien de ces gens à l’origine de ce mépris.
Le tout a commencé en 2016, quand les Penguins ont remporté leur premier championnat depuis 2009. Dans les discussions au trophée remis au joueur le plus utile des séries, à l’époque, je me souviens que les noms les plus prononcés étaient Phil Kessel et Matt Murray.

Le nom du numéro 87? Visiblement, vu qu’il n’était pas si époustouflant qu’à l’habitude, il fallait absolument écarter son nom.
En plus, c’est nettement plus plaisant de parler des noms de joueurs surprenants!
Les joueurs vedettes, c’est dont méprisant… au point d’écarter leurs candidatures pour de tels honneurs dès qu’on le peut.
Oui, Kessel a obtenu plus de points que Crosby au courant de leur 1ère conquête à la Coupe Stanley de 2 entre juin 2016 et 2017.
22 pour le 81 et 19 pour le 87. Tous deux en 24 matchs. On parle ici d’une différence de 3 points.
C’est sans oublier que le capitaine des Pens faisait face aux meilleurs éléments adverses, alors que l’actuel porte-couleur des Coyotes, non. C’est Crosby qui transportait l’attaque sur son dos.
Comme le meilleur joueur de la LNH le fait. Comme un leader de sa trempe le fait. Kessel a lui aussi contribué, avec un brio énorme. En fait, de la même façon que chacune des lignes offensives de la formation de Mike Sullivan contribue.
En ce qui concerne Murray, il a été bon, mais aussi protégé par son équipe. Sa performance, ce n’est pas celle de Cam Ward en 2006.
Quand Gary Bettman a annoncé à qui était décerné le Conn Smythe pour les séries, il est vrai que le gagnant n’avait pas des chiffres des plus reluisants, ce qui rendait le choix très controversé.
Mais sachez que Crosby a fait son possible dans un contexte où il était très surveillé. On a moins couvert ses performances, moins »spectaculaires ».
Je peux admettre que le choix pour ce trophée a certaines raisons de ne pas faire l’unanimité, mais d’un autre côté, ne pas accepter qu’il y a de bonnes raisons derrière cette nomination n’est que de l’aveuglement volontaire ou juste de l’ignorance.
»Arrête, il a seulement gagné à cause de son nom! ».
Justement. Il n’y a rien d’anormal à ce qu’un joueur qui porte le nom Sydney Crosby gagne ce genre de titres individuels.
Le mois de juin 2017 est en partie un copié-collé de juin 2016, en ce qui concerne les champions, le nombre de matchs disputés en finale et surtout, le récipiendaire au Conn Smythe.
Cette fois, il était moins facile de contester et critiquer. Malheureusement, puisqu’il s’agissait du même gagnant à une 2e occasion d’affilée, ce qui devait arriver arriva!
Honnêtement, le joueur choisi pour l’honneur au meilleur joueur des éliminatoires en 2017 a fait l’objet de dénégation presque uniquement par la faute qu’il s’agissait du même récipiendaire que les séries précédentes.
N’allez pas croire que les amateurs de hockey seraient aussi nombreux à dire: »Il y a joueurs qui auraient mérité aussi le trophée. » dans le cas où Gary Bettman aurait prononcé un nom autre que celui du célèbre 87 au moment d’annoncer le gagnant de l’honneur individuel.
Contrairement à la première conquête de 2, le choix était beaucoup plus évident parmi les joueurs de l’édition qui a répété en 2017. Crosby était plus productif, et surtout productif au bon moment.

Ceux qui ont voulu voir le Conn Smythe entre les mains d’Evgeni Malkin ont sorti des métrages où le Russe a été présent dans des moments importants pour appuyer leur point, en cachant les fois beaucoup plus nombreuses où Sid the Kid a été »clutch », comme on dit dans le jargon. Sinon, ils vont se fier aux statistiques (encore une fois).
Ceux qui ont dit que Guentzel était plus méritant vont entre autres mentionner ses 8 buts gagnants… sans mentionner qui est le joueur de centre qui l’a grandement aidé à réaliser tous ces filets importants.
Je vous comprendrais un peu d’être aussi sceptiques et quelque peu frustrés plus si celui qui avait été lauréat du Conn Smythe à 2 occasions aurait été Nick Bonino.
Cependant, on parle de celui qui était le meilleur joueur de la LNH jusqu’en 2017. Dans quel type de réalité tordue il faut vivre pour croire que ce n’est pas logique de voir le meilleur joueur reconnu pour être un gagnant, gagner une récompense remise habituellement au meilleur joueur qui sait gagner 2 fois consécutives?
C’est ça, ou ils sont endoctrinés aux scénarios hollywoodiens. Ils n’aiment pas ça, voir un gros nom gagner.
Il faut que ce soit le fameux joueur méconnu qui n’attire pas les masses qui doit gagner ce prix-là, en gagnant avec l’équipe cendrillon.
Il aurait fallu que Carl Hagelin et Bonino gagnent respectivement le trophée en 2016 et en 2017 pour leur plaire.
Malheureusement pour eux, ce fameux monde utopique qui inspire l’idéal que ces individus fabulent est très loin de ressembler à cette chose qu’on appelle la réalité.
Peu importe où, que ce soit sur la scène internationale, dans la LNH ou dans d’autres compétitions, si le premier choix au total voit son équipe gagner, c’est en grande partie à cause de lui.
Ce n’est même plus un débat. En fait, c’est juste du mépris ou un déni de la situation. Ce n’est peut-être pas »flashy », typique d’une histoire à raconter dans 20 ans de voir de gros noms remporter de tels trophées à deux occasions de suite comme Sydney Crosby et Kevin Durant l’ont fait, mais c’est simplement la logique et aussi, la réalité. C’est très normal. Vive les débats… les vrais! Pas ceux qui sont déguisés en déni ou en mépris d’une situation ou d’un évènement qui déplaisent!
Crédit photo: Bleacher Report, The Denver Post, NHL, CBS Sports, Golden State of Mind
