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On est passé si près d’une mégadynastie


 

Guillaume Arcand 

Je sais, je vais sûrement en offenser beaucoup avec cette chronique.

Même si ça n’a rien d’offensant en apparence. Même si ce n’est pas mon intention de le faire.

Parce que même si j’ai l’air de remettre le couteau dans la plaie, même que pour certains, ce fameux couteau aurait plutôt l’apparence d’une belle grosse scie tronçonneuse à la place. je veux dire, bien au contraire que ce n’est pas le but visé. Il est ici simplement question de faire part de la puissance d’une équipe de hockey.

Le Lightning de Tampa Bay a gagné 2 championnats en 2020 et 2021. Si c’est trop frustrant pour certains, dites-vous que ce nombre pourrait être élevé jusqu’à 3, 4 ou même 5.

2 avances de 3-2

En 2016, Tampa avait une avance de 3-2 en finale de l’est face aux Pens.

Petite parenthèse: Je crois encore que Tampa était l’équipe qui a donné le plus de fil à retordre aux Pens lors de leur conquête de 2016.

Et on peut dire que les actuels doubles champions étaient, cette année-là, à une prévention d’une prestation de Bryan Rust à la Max Talbot en finale 2009 dans le match 7 de se rendre en finale. Et je crois qu’une fois rendu dans la ronde ultime face aux Sharks, dont le parcours était quand même mémorable, les requins auraient connu le même sort que celui qu’ils ont connu face aux Penguins en 2016.

Ensuite, en 2018, Tampa menait encore 3-2 en finale de l’Est. Et ils n’ont pas appris de leurs erreurs (c’est peut-être une des raisons pourquoi Tampa n’est pas une super dynastie à l’heure qu’il est).

Le Lightning est passé à deux matchs anémiques offensivement de remporter en 2018 ce qu’on pouvait appeler la finale avant la finale.

Car oui, le Lightning aurait facilement disposé des Golden Knights s’il avait pu les affronter à ce moment-là, et je le pense vraiment, quitte à me faire dire que je ne connais rien au hockey par des gens qui encourageaient Vegas à cause de leur succès hâtif à l’époque (et qui détestent Vegas aujourd’hui pour les mêmes raisons, car la mode est morte.)

Selon moi, Evgeny Kuznetsov, presque à lui seul, s’est farci la formation du Nevada.

Donc c’est ça. 2 belles occasions qui ne se sont pas concrétisées. Et ce n’est que le début…

Une grosse saison gâchée

Vous vous souvenez de la saison 2018-19 du Lightning? Je parle ici d’une saison de 62 victoires et de 128 points, qui est partie en fumée très rapidement après un balayage face à Columbus. Probablement la plus grosse déception éliminatoire de l’ère du cap salarial, si ce n’est pas de l’histoire de la NHL.

Là, vous allez me dire «mais non, là, cette fois, Tampa n’était pas si près de parader avec Lord Stanley! Ils ont gagné autant de matchs éliminatoires que toutes les équipes exclues du bal printanier!»

Vous avez raison. Mais j’ai aussi raison de croire qu’ une fois que vous êtes rappelés de cette super saison sans résultats de la part du Lightning, vous vous êtes sûrement dit: «ahhhh oui cette année-là! J’étais donc content que cette équipe si puissante se fasse éliminer quand on était tous certains qu’ils allaient se rendre jusqu’au bout.»

J’ai raison, hein? Vous ne pouvez pas le cacher. Vous y avez cru. On y a tous cru. Peu importe la ronde dans laquelle ils allaient être éliminés, en 2019, tout le monde était surpris de voir Tampa perdre. Même si personne ne le prévoyait en 4 matchs au premier tour face à Columbus.

La formation de la Floride avait le club pour se rendre jusqu’au bout. Ces 62 victoires ne se sont pas gagnées toutes seules.

La formation de Jon Cooper avait une sorte de magie cette année-là. Imaginez si cette magie avait un peu été gardée en saison pour être déployée en séries. On aurait assisté à un vrai rouleau compresseur en séries éliminatoires. Rien de moins.

Vers le prix de consolation

Dans le meilleur des mondes pour un fan du Lightning, son club aurait 5 championnats depuis 2016, dont 4 qui seraient consécutifs et dans une suite qui serait encore active aujourd’hui (2016, 2018, 2019, 2020, 2021).

Et ce monde idéal est déjà plus à la portée chez ce fan que bien des mondes idéaux chez des fans de d’autres fanbases.

Je vous en donne un exemple concret: il y avait beaucoup, mais vraiment beaucoup de gens qui ont cru que Montréal aurait raison de Tampa en finale de la Coupe Stanley 2021. J’en ris encore à y penser. C’est plus drôle que la gestion de Ron Francis ou cette déclaration, fortement entendue en 2016: «Les Sens ont obtenu Derrick Brassard contre Mika Zibanejad? Mais quelle bonne transaction pour Ottawa!».

,Mais bon, en 2015, cette finale face aux Blackhawks aurait pu être le début de quelque chose de gros. En fait, avez-vous remarqué que les actuels doubles champions n’ont fait qu’apprendre depuis 2014?

Après la grosse déception de se faire balayer en 2014 par Montréal, la formation de Jon Cooper s’est rendue en finale l’année suivante, en plus de prendre sa revanche face au Canadien. Après ça? 2 finales de l’Est, où le boulot n’a toutefois pas été terminé, mais où l’expérience emmagasinée a été plus qu’importante.

Et en 2019, c’était là, le VRAI gros test. Le test d’apprentissage nécessaire pour faire de cette équipe une véritable équipe championne.

Et nous voilà, en 2021-22, prêt à compléter cette trilogie de saisons victorieuses, alors qu’on témoigne présentement d’un club pouvant possiblement être le premier à réaliser cela dans l’ère du cap salarial.

Avant toute chose, je vous vois arriver comme des voitures avec 10 000 flashlights durant la nuit en disant «mais ça ne compte pas, ils ne seront pas les premiers du cap salarial à le faire, ils ont contourné le cap salarial en séries 2021, c’est des tricheurs!» Juste pour vous rappeler que cette excuse n’a plus aucune validité. Même sans cette loi, Montréal aurait quand même eu l’air du pire club finaliste dans les 10 dernières années. De plus, même si vous le savez, mais que vous semblez tout faire pour refuser de comprendre, en 2015, Tampa a été LA SEULE équipe à voter contre cette brèche qui a été utilisée de leur part. Et puis, tout le monde parle de Kucherov, mais à ce que je sache, le hockey est un sport d’équipe? Ce n’est pas un joueur qui passe par ce «loophole» qui va automatiquement procurer un championnat à son équipe.

On n’a pas eu de méga dynastie, malheureusement. Mais c’est peut-être ça que ça pris pour qu’on puisse témoigner d’un club aussi puissant et expérimenté pour faire le premier triplé consécutif depuis les Islanders en 1980.

Les Pens et les Caps, avant leurs championnats de 2016, 2017 et 2018, ont vécu pas mal pire, pour un résultat moins bon.

Êtes-vous prêt à témoigner d’un segment très important de l’histoire de la Ligue nationale de hockey ?

Crédit photo: Balle Courbe, NHL, CBS Sports


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