La fin de l’histoire d’Henri Richard est bien triste


Par Daniel Vanier

Henri Richard fut un des plus grands joueurs de l’histoire du Canadien de Montréal, en fait, il fut un des plus grands joueurs de l’histoire du hockey.

Aujourd’hui, malheureusement, ce monument de la LNH n’est plus l’ombre de lui-même. Henri Richard est atteint de la maladie d’Alzheimer. Il n’ a pu se rendre à la Place Bell pour voir le bel hommage qui lui était consacré.


une oeuvre magnifique

L’artiste Louise Lemieux Bérubé, a reproduit des interprétations en tissage de photographies à partir d’images d’archives du hockeyeur. Son oeuvre est intitulée Henri Richard un grand parmi les grandsL’artiste a retravaillé, recadré et converti en noir et blanc des photographies d’archives, en plus de reprendre le poème inscrit sur le mur du vestiaire des Canadiens de Montréal. Le résultat est magnifique et touchant, le légendaire attaquant au numéro 16 est immortalisé dans le hall d’entrée de l’amphithéâtre, domicile du club-école du Canadien au nom de son frère, Maurice «Rocket» Richard :

Une phrase émouvante de son fils

Le fils de la légende, Denis, a eu cette phrase qui résume bien ce que tous pensaient tout bas :

«Si la maladie ne nous avait pas volé Henri, il aurait certainement aimé cette œuvre.»

Denis Richard était accompagné des membres de la famille, d’anciens coéquipiers du paternel et de nombreux invités, dont le maire de Laval, Marc Demers. Tous étaient heureux de cette reconnaissance qui avait lieu dans son patelin.

Un bel hommage de ses anciens coéquipiers

Ses anciens compagnons d’armes n’avaient que de belles paroles à son sujet.

Guy Lafleur est arrivé avec le Canadien en 1971. Il fut le co-chambreur d’Henri Richard à sa première saison voici ce que disait le « Démon blond » au sujet de celui qui était surnommé le »Pocket Rocket » :

«Henri, c’était une source d’inspiration. Je le regardais à la télévision quand j’étais ti-cul. Quand je suis rentré dans le vestiaire du Canadien la première fois, c’était intimidant de le voir avec tous ces grands qui l’entourait. Il m’a beaucoup aidé à mes débuts. Ce n’était pas toujours facile, car je ne jouais pas de façon régulière. Il me disait de jouer et de laisser faire (Scotty) Bowman.»

Le défenseur Guy Lapointe qui l’a côtoyé de 1968 à 1975 avait aussi de bons souvenirs à remémorer :

«Henri, c’était un rassembleur. C’était un gars combattif sur la patinoire avec sa petite taille, surtout dans notre temps.J’avais pris une dernière bière avec lui aux funérailles de Jean Béliveau. On voyait que sa maladie commençait. J’aime mieux garder de bons souvenirs de lui. Quand je regarde ces œuvres de lui sur le mur, j’en ai la chair de poule ».

Réjean Houle se rappelle surtout l’impressionnante combattivité de l’ancien numéro 16 :

«C’était un phénomène. Il ne reculait devant rien. On avait besoin d’un lasso pour le ramener au banc. C’est triste de le voir dans cet état. L’âge et la maladie l’ont emporté.»

Tristes de savoir qu’il va partir bientôt

Nous pouvons facilement déceler la tristesse dans les propos de ces grands joueurs. D’ailleurs, c’est frappant de voir qu’ils parlent déjà d’Henri Richard au passé.Ils savent que ce grand joueur n’en a malheureusement plus pour longtemps. Ils lui rendent visitent régulièrement dans sa résidence,lui qui réside dans un centre d’hébergement de soins de Laval. Guy Lafleur l’a vu il y a à peine quelques mois, alors qu’il était accompagné de Réjean Houle, voici ce qu’il dit au sujet de sa maladie :

«Il m’avait reconnu, mais il n’ pas reconnu Réjean (Houle), a souligné Lafleur. C’est triste, car même s’il a vieilli physiquement, il est pareil. Tu ne souhaites jamais ça à personne, même à ton pire ennemi.»

À propos de l’artiste

Louise Lemieux Bérubé est une artiste tisserande reconnue internationalement pour ses œuvres en Jacquard et en broderie numérisée. En 2013, elle reçoit la médaille de chevalière de l’Ordre national du Québec et, en 2015, de l’Ordre du Conseil des arts et des lettres du Québec.

Avec ses 11 coupes Stanley, un record inégalé dans la LNH et qui risque de ne jamais l’être non plus, Henri Richard obtient aujourd’hui ce qu’il mérite avec ce superbe hommage.Il restera à jamais gravé dans le coeur des partisans de hockey.

Nous félicitons le Rocket de Laval pour cette belle initiative et l’artiste Louise Lemieux Bérubé pour son magnifique travail !

Source : TVA Sports, Cision et la ville de Laval

Crédit photo :Le Journal de Montréal