Jan Drozg : Dans la même situation que Janne Kuokannen
Guillaume Arcand - Fanadiens.com
Pour commencer, le titre est à prendre avec un grain de sel, car la similitude que je vois entre les deux joueurs n’est ni leur talent ni leur style de jeu, mais bien le parcours que les deux attaquants parcourent actuellement pour se rendre potentiellement dans la LNH un jour. Pourquoi les joueurs traversent un parcours assez semblables? Vous allez le découvrir dans ce texte.
En 2015-16, alors qu’il n’avait que 16 ans, Jan Drozg évoluait dans la ligue U18 de Suède, là où il a été fumant avec 31 points, dont 16 buts, en 22 matchs. L’année suivante, à 17 ans, le Slovène continue de progresser, amassant 28 points en 18 matchs, et il passe aussi 4 matchs dans la meilleure ligue junior de Suède, récoltant 5 points.
Cette année, à 18 ans, le Slovène s’aligne avec les Cataractes de Shawinigan dans la LHJMQ, quelques mois après avoir vu les Penguins de Pittsburgh le repêcher au 5ème tour, et jusqu’ici, il a été capable d’amasser 22 points en 26 matchs. Ce total paraît modeste, mais actuellement, les Cataractes, l’équipe de Drozg, se situe en ce moment au tout dernier rang du circuit Courteau, ce qui n’aide pas sa cause.
Drozg est un joueur qui est excellent pour protéger la rondelle et il a des mains en or. Chaque fois qu’il est en possession de rondelle, il semble être en train de voler.
Ses habiletés sont incroyables et elles sont au-dessus de la moyenne. Il est aussi très bon en contrôle de la rondelle. Drozg est actuellement coéquipier avec Vasili Glotov chez les Cataractes et on voit que les deux attaquants ont développé une chimie, et ce, malgré le fait que les deux représentants de la Cité de l’Énergie en soit à leur première année à Shawinigan.
Il possède un tir très dangereux et une vision du jeu au-dessus de la moyenne. Son sens de l’anticipation est très développé et il lit très bien le jeu, comme s’il était capable de prédire l’avenir plusieurs secondes auparavant. Parlant de son tir, le tir de Drozg est foudroyant et quand il en a l’occasion, il se sert du joueur adverse comme un écran pour surprendre le gardien, un peu comme Alex Ovechkin fait afin que le gardien n’anticipe pas son tir.
J’ai parlé que Drozg n’a peut être pas le talent de Janne Kuokannen, mais que les deux jeunes espoirs ont plusieurs points en commun. Une chose que j’ai remarqué chez Kuokannen, c’est que ses statistiques ne veulent absolument rien dire sur son talent, et c’est le cas aussi pour Drozg. Le choix de 5ème tour des Penguins au dernier repêchage est aussi très bon pour repérer ses coéquipiers peu importe où ils se trouvent sur la patinoire.
C’est sa première année en Amérique du Nord et pourtant, il suit bien le rythme comme s’il avait toujours joué en sol nord-américain. Pour avoir vu jouer l’espoir des Penguins quelques fois, je n’ai rarement vu de joueurs plus à l’aise que lui avec le disque et il se démarque principalement pour être capable de transporter la rondelle en zone adverse.
L’an dernier, Kuokannen a décidé de plier bagage vers l’Amérique du Nord et de se joindre aux Knights de London dans la OHL après avoir vu les Hurricanes de la Caroline le repêcher lors de l’encan de 2016. Après sa première année dans le circuit junior canadien, il n’a pas été très flamboyant du côté des statistiques, mais le Finlandais a épaté tous ceux qui ont déjà regardé un de ses matchs. Le chemin qu’a traversé Kuokannen l’an dernier ainsi que sa situation me fait drôlement penser à celle de Drozg, qui a non-seulement fait le saut en sol Nord-Américain après voir vu une équipe de la LNH mettre la main sur lui lors du repêchage, mais aussi, il n’a jamais été étincellent sur la feuille de pointage alors qu’il démontre clairement qu’il est capable d’être l’artisan de belles choses qu’on ne peut constater seulement que quand on l’observe en situation de match.
Considérant que Drozg peut jouer autant à l’aile gauche qu’à l’aile droite, il pourrait très bien se retrouver un jour aux côtés de Sidney Crosby ou d’Evgeni Malkin, un rêve que beaucoup de joueurs ont en tête. Parlant de sa position, je trouve personnellement que Drozg est meilleur à gauche qu’à droite, car lorsqu’il se trouve dans cette position, il peut recevoir une passe et faire un tir sur réception, ce qu’il fait très bien, et il peut également être l’artisan d’une passe transversale qui est toujours bien faite.
En résumé, même si on n’en parle très peu, les Penguins viennent peut-être de réaliser une excellente sélection en mettant la main sur le talentueux Jan Drozg, si ce n’est pas un vol, mais ça, on va le savoir d’ici quelques années seulement. Jan Drozg peut-il faire part de son talent et oublier ses chiffres qui déforment son potentiel et son talent?
Crédit photo : Site web officiel des Cataractes de Shawinigan
