Dylan Strome peut-il parcourir le même chemin que Brayden Schenn ?


Par Guillaume Arcand

Lors du repêchage 2015, Les Coyotes ont décidé de sélectionner, avec le 3e choix au total, Dylan Strome. Un coéquipier de Connor McDavid dans le junior qui jouait dans l’ombre du #97.

En 2015-16, Strome est retourné dans son club junior, les Otters d’Erie.

En 2016-17, après un essai de 7 matchs avec le grand club qui ne s’est pas avéré concluant, on l’invite, encore une fois, à peaufiner son jeu dans la OHL.

En 2017-18, Strome a encore une fois été rétrogradé, cette fois-ci dans la AHL. À ce moment-là, c’était clair dans la tête de beaucoup d’observateurs : Dylan Strome n’allait jamais devenir le joueur qu’on voyait en lui.

Toutefois, est-ce qu’il est vraiment trop tard pour lui de connaître la carrière qu’on lui projetait lors de son année de repêchage ? Pas du tout.

Une domination au niveau junior

Pour commencer, l’ancien numéro 19 des Otters d’Erie n’a que 21 ans. À cet âge, il est tout à fait normal qu’un joueur n’ait pas exploité son plein potentiel. On aura beau douter de l’ancien 3e choix, il reste que partout où il est passé, que ce soit au niveau Midget, dans la OHL, lors du championnat mondial U20 ou dans la AHL, il n’a été rien de moins qu’excellent.

J’aimerais aussi mentionner que l’attaquant natif de Mississauga a terminé la dernière saison avec 8 points lors des 10 derniers matchs avec les Coyotes. Je dois dire que ce n’est pas mauvais du tout pour un joueur qui n’avait même pas encore fêté ses 21 ans et qui doit constamment essuyer les nombreuses critiques à son endroit.

Regardons le chemin que Brayden Schenn a entrepris pour se rendre vers la LNH qui n’est pas très différent de celui de Strome. Brayden Schenn a été sélectionné au 4e rang au total lors du repêchage 2009 de la LNH par les Kings après une saison de 88 points en 70 matchs dans la WHL, une ligue semblable à la OHL.

En 2009-10, à 18 ans, il a été retourné dans la WHL, cumulant 99 points en 59 matchs pour une moyenne de 1,68 point par match (contre 1,98 point par match pour Strome au même âge). En 2010-11, à 19 ans, on pensait que c’était enfin l’année où Schenn allait faire le saut dans la LNH.

Il l’a bel et bien fait, mais pour 8 petits matchs, et encore une fois, il a dû se contenter de poursuivre le reste de sa saison dans les rangs juniors. Après avoir été rétrogradé dans les rangs juniors après un 2e camp d’entraînement de suite, on croyait que le frère de Luke Schenn n’allait jamais devenir le joueur qu’il était dans la WHL.

Alors, après avoir été retourné dans la WHL une seconde fois, l’attaquant natif de Saskatoon a récolté 57 points en 29 matchs pour une moyenne de 1,97 contre une moyenne de 2,15 pour Strome au même âge. Aujourd’hui, malgré qu’il ait pris beaucoup de temps pour s’établir comme un joueur de centre de premier plan, Schenn connaît une carrière tout à fait respectable, lui qui a récolté des saisons de 59, 55 et 70 points lors des 3 dernières saisons.

Jamais trop tard

Brayden Schenn est un véritable exemple de pourquoi il ne faut jamais perdre patience avec un jeune joueur.

Alors pourquoi Strome, lui, ne pourrait-il pas connaître une aussi bonne carrière ? L’actuel numéro 20 des Coyotes a ce qu’il faut pour se rendre loin. Par exemple, il a d’excellentes mains, un très bon tir et une vision du jeu bien au-dessus de la moyenne.

Il crée aussi une panoplie d’occasions de marquer chaque fois qu’il est sur la glace. C’est vrai, l’attaquant de 6’3″ n’est pas un joueur avec un excellent coup de patin, chose qui est de plus en plus primordiale dans la LNH d’aujourd’hui, mais ce défaut est compensé par son lot de qualités.

Une des raisons qui font que Strome reçoit autant de critiques est que lors de son repêchage en 2015, une tonne de bons joueurs sont montés sur l’estrade après lui. On n’a qu’à penser à Mitch Marner, Zach Werenski, Ivan Provorov, Matthew Barzal, Noah Hanifin, pour ne nommer que ceux-là. Cela remet beaucoup en question la sélection de l’ancien des Otters quand on pense que la formation de l’Arizona aurait pu jeter son dévolu sur un des joueurs mentionnés plus haut.

Ce n’est pas une partie de plaisir de bien paraître à côté d’une cohorte de joueurs de cette trempe. Toutefois, si les joueurs nommés plus haut n’étaient pas devenus les jeunes vedettes qu’ils sont aujourd’hui, est-ce que le joueur de centre de 6’3″ aurait encore été remis en question ?

On ne le sait peut-être pas, mais Strome est peut-être une bombe à retardement, comme l’était Matthew Barzal. En début de saison, qui aurait cru que la jeune vedette des Islanders figurerait parmi les meilleurs pointeurs de la LNH à la fin de la saison. Il n’y a rien qui empêche le frère de Ryan et Matthew Strome de créer le même genre de surprise et d’en mettre plein la vue.

En résumé, Dylan Strome n’est pas du tout un « flop » comme beaucoup le prétendent, mais simplement un joueur qui a besoin de plus de temps pour s’établir. Croyez-moi, d’ici quelques années, que ce soit en Arizona ou ailleurs, Strome va connaître une carrière tout à fait respectable, même s’il ne gagnera probablement pas le Art Ross ni le Hart dans sa carrière.

Crédit photo: The Hockey Writters