Marc Bergevin n’a pas besoin de conclure une transaction pour respecter la masse salariale



Par Anne Ouellet

De nombreux partisans affirment que depuis l’arrivée de Christian Dvorak avec le Tricolore, le Canadien se doit de faire une transaction pour respecter la limite de la masse salariale, fixée à 81,5 millions US. Effectivement, lorsqu’on regarde sur le célèbre site, Capfriendly, le CH a actuellement une masse salariale de 88 226 370$ soit, 6 726 370$ en surplus. En fait, la pensée populaire est que le directeur général, Marc Bergevin, doit respecter le plafond avant le 1er jour de la saison et que la portion LTIR (joueur blessé à long terme) ne peut être utilisée qu’une journée après le début de la saison. En fait, cette théorie est totalement fausse. Voici pourquoi Marc Bergevin n’a pas besoin d’effectuer une transaction pour se soumettre au règlement.

Qu’est-ce que la liste des blessés à long terme (LTIR)?

Pour commencer, je vais détailler ce que c’est le LTIR. On peut seulement l’utiliser lorsqu’un joueur subit une blessure qui lui fera manquer au moins 10 rencontres et 24 jours d’activité. À ce moment, l’équipe peut bénéficier d’une diminution au niveau du plafond salarial. Au moment que cette décision est prise, le « cap hit » du joueur reste quand même comptabilisé sur la masse salariale de l’équipe. Ce geste permet à la formation de profiter d’un allègement au niveau du plafond, si la masse commence à dépasser la limite. C’est plutôt logique comme clause. Aucun directeur général ne voudrait garder sur sa masse salariale un joueur blessé, en plus de devoir payer pour le remplacer.

Ce montant allégé est calculé à partir du jour où le joueur est placé sur cette liste. Il a trois formules de calcul pour déterminer le montant qui sera retiré de la masse. La première formule (formule de base) est une « basic equation » qui est utilisée autant durant la saison qu’à l’entresaison. La deuxième formule, appelée cette fois-ci, formule de « camp d’entrainement », peut être utilisée le dernier jour de l’entresaison, en préparation pour le premier jour de la saison. Enfin, la troisième formule est utilisée seulement lorsqu’une équipe a déjà l’un de ses joueurs inscrits sur la liste des blessés à long terme. Ce n’est pas le cas du Canadien ici, car Weber n’était pas sur le « LTIR » la saison passée. Cette dernière formule est utilisée par les équipes qui conservent des contrats de joueur qui sont sur le « LTIR » depuis plusieurs années, par exemple le contrat de Marian Gaborik avec le Lightning de Tampa Bay. Au moment que le joueur est apte à reprendre le jeu, l’équipe doit l’activer.

Qu’est-ce que l’espace réel accumulé (ACSL)?

Voici ce que Marc Bergevin et son équipe utilisent actuellement pour leur permettre d’être plus de 6 millions au-dessus de la masse sans recevoir de pénalité ou être forcé à conclure une transaction.

Au moment qu’une équipe fait usage de la liste des blessés à long terme (LTIR), automatiquement le plafond salarial de celui-ci se voit être modifié. Cette nouvelle limite est ajustée en fonction de l’espace disponible sous le plafond du club ainsi que du « cap hit » du joueur. Le « cap hit » est la moyenne du salaire du joueur octroyé sur x saisons. Par exemple, le « cap hit » de Brendan Gallagher est de 6,5 millions sur 6 ans, alors qu’en fait, il va recevoir un salaire de 9 millions lors de la saison 2024-2025. Sur la masse salariale, c’est le « cap hit » qui est toujours pris en mise de compte et non le salaire du joueur durant la saison jouée.

Pour revenir à nos moutons, la nouvelle limite qui est ajustée en fonction de l’espace disponible est appelée l’espace limite sous le plafond accumulé (ACSL). Celle-ci est la première à être calculée. L’autre calcul est l’allègement de la portion du salaire et des bonis de performance. Je vous expliquerai en détail en quoi ce deuxième calcul consiste un peu plus loin dans le texte.

L’ACSL est ainsi considéré comme la nouvelle limite supérieure, excluant tous les allègements qui proviennent de la liste des blessés à long terme. En gros, temps et aussi longtemps que l’équipe se maintient en dessous du « ACSL », elle peut commencer à accumuler de l’espace sous le plafond, ce qui veut dire magasiner !

Cette nouvelle donnée est appelée l’espace limite sous le plafond accumulé (ACSL) et c’est la première à être calculée. Le deuxième est l’allègement de la portion du salaire et des bonis de performance, que je vous expliquerai un peu plus tard. Revenons à l’ACSL. Celle-ci est considérée comme la nouvelle limite supérieure, excluant tout allègement qui provient du LTIR. Si l’équipe se maintient en dessous du « ACSL », elle peut commencer à accumuler de l’espace sous le plafond. Une équipe peut également agir jusqu’à la valeur du « ACSL » sans profiter des bénéfices de la liste des blessés à long terme. Au moment qu’elle opère au-delà de l’espace réel accumulé, qu’elle peut être éligible aux allègements admissibles (salaire et bonis de performance). Dans la plupart des cas, les équipent qui utilisent le LTIR, choisiront cette clause pour qu’ils puissent profiter pleinement des avantages financiers.

Cet espace est uniquement calculée lorsqu’une équipe utilise la liste des blessés à long terme pour la première fois. Si un joueur y figure déjà (par exemple le contrat de Gaborik), il n’y aura pas de nouveau calcul à apporter. Cependant, si une équipe venait à utiliser le LTIR un certain temps et finissait par y mettre un terme, la valeur du ACSL calculée redeviendrait par défaut à la limite supérieure de départ (plafond salarial) avant d’être recalculée si la liste des blessés à long terme est réutilisée dans le futur. Il a deux méthodes qui peuvent être utilisées par les équipes pour calculer l’espace réel accumulé (ACSL).

La première est l’équation de base qui peut être utilisée autant en saison régulière que durant la saison morte. La deuxième est l’équation du « camp d’entrainement ». Celle-ci peut être utilisée à la dernière journée du camp, soit en préparation du premier jour de la saison.

Voici la première méthode pour calculer l’espace disponible :

Et le 2e calcul utilisé :

Comment l’allègement provenant de la liste des blessés à long terme est-il calculé?

L’allègement qui provient de la liste des blessés à long terme est basé sur deux valeurs, la portion d’allègement pour le salaire et celui pour les bonis de performance. Ces deux portions sont calculées au moment que le joueur est inscrit sur le LTIR. Comme vous l’avez surement deviné, l’allègement pour le salaire exclut les bonis de performance. Elle représente seulement le salaire annuel moyen du joueur (cap hit). Tandis que, la partie d’allègement pour les bonis de performance du joueur pour la saison.

Comment une équipe peut-il utiliser l’allègement des portions de salaire de base et des bonis de performance ?

Comme expliqué plus haut, il y a deux valeurs, soit l’allègement pour le salaire et l’autre pour les bonis. Si le rappel d’un joueur cause un dépassement de l’Espace réel accumulé (ACSL), l’équipe doit avoir suffisamment d’espace.

Voici les deux critères qui doivent être respectés afin de pouvoir rappeler un joueur :

1- Les joueurs sans bonis de performance : Si un joueur ne possède pas de bonis de performance à son contrat, l’équipe doit avoir à sa disposition une portion d’allègement pour le salaire supérieur ou équivalent au « cap hit » du joueur qu’elle veut rappeler

2- Joueurs avec bonis de performance : L’équipe doit avoir à sa disposition une portion d’allègement pour le salaire supérieur ou équivalent au « cap hit » du joueur désiré. Ensuite, il faut que la somme de la portion restant pour le salaire en plus de celle des bonis de performance soit supérieure ou égale des bonis de performance atteignables pour la saison.

En résumé, si le Tricolore veut rappelé un joueur des ligues mineures pour comblés sa perte, il doit avoir un allègement supplémentaire si ce joueur possède un boni de performance, car elle sera comptabilité avec le « cap hit ». Ce qui veut dire que si le joueur a un salaire de 2 millions et un boni de performance de 1 million, l’équipe doit avoir 3 millions d’espaces, au cas si le joueur réussit son boni, et ce jusqu’il l’atteint.

Par contre, la perte de Weber a été remplacée sur le marché des joueurs autonomes avec la signature de David Savard

Comme Shea Weber n’a jamais eu de boni de performance, le Canadien n’aura pas besoin d’avoir un espace supplémentaire pour le retirer de la liste des blessés à long terme.

Si on regarde rapidement sur Capfriendly, on remarque que la masse salariale projetée par le Canadien est de 88 226 370$. En retirant le salaire de Weber, on obtient 80,3 millions, soit moins que le plafond de cette saison. Elle va augmenter de 1 million la saison prochaine. Alors présentement, Marc Bergevin possède 1,130 773 millions de lousse.

En conclusion, nous réalisons que gérer une équipe n’est pas de tout repos. De nombreuses clauses sont présentes dans la convention collective, et c’est pour cette raison que les directeurs généraux sont entourés d’avocats pour leur venir en aide. Marc Bergevin a trouvé lui aussi une façon de respecter sa masse salariale sans nuire à son alignement. Garder Jesperi Kotkaniemi aurait fait en sorte qu’il aurait fallu échanger un élément actuel de la formation, car la règle du ACSL ne serait plus respectée.

Crédit photo : Capfriendly.com et The Athletic

Source : Capfriendly.com