Est-ce que Pierre Dorion est si mauvais comme DG?


Par Guillaume Arcand

Pierre Dorion a été embauché comme directeur général des Senators en avril 2016 en relève à Bryan Murray. 2 ans et demi plus tard, les tâches à son dossier en tant que DG des Sens sont très nombreuses, mais les raisons pour défendre Dorion sont étonnamment nombreuses également.

 

Mauvaises transactions 

La plupart des anti-Dorion de ce monde s’entendent pour dire que l’ancien dépisteur du Canadien de Montréal est un mauvais directeur-gérant, car il n’a jamais l’avantage dans les échanges qu’il effectue. Sur ce point, il n’y pas de doutes, Dorion a rarement gagné les échanges qu’il a faits. On n’a qu’à penser à la transaction de Kyle Turris et Matt Duchene avec les Predators et l’Avalanche.

Dorion s’est départi de Turris pour un groupe de jeunes joueurs talentueux provenant des Preds… avant d’envoyer ces jeunes talents, en plus d’autres espoirs qu’il a repêchés, à l’Avalanche. Dans les éléments envoyés au Colorado pour Duchene, il y a le choix de premier tour au prochain repêchage des Sens. Si Joe Sakic a, en quelque sorte, sauvé son travail et a maintenant la chance de s’offrir un Jack Hughes, Kappo Kakko ou Alex Turcotte, en juin, c’est grâce à Pierre Dorion.

Priver la formation de la capitale fédérale d’un excellent choix au repêchage ainsi qu’un d’une bonne brochette de jeunes potentiels pour un joueur qui a en quelque sorte brisé la chimie de l’équipe n’est néanmoins pas la plus grosse gaffe provenant de Dorion. Souvenez-vous qu’en février 2017, il a décidé de se départir de l’excellent espoir Jonathan Dahlen en retour des services d’Alex Burrows.

Pour Duchene, Dorion a payé cher, mais au moins, c’était pour un joueur de centre élite. Dans le cas de la transaction Burrows-Dahlen, c’est un échange qui me rappelle drôlement l’échange Forsberg-Erat. 

Alors que Dahlen joue de l’excellent hockey avec les Comets de Utica, le club-école des Canucks, Burrows, qui a produit 25 points en 91 matchs avec la formation d’Ottawa, est actuellement à la retraite et entraîneur-adjoint avec le Rocket de Laval. La crème de la crème? Dahlen a marqué dans une victoire de 3-1 des Comets contre le Rocket plus tôt cette année.

 

Un flair pour le talent 

Malgré les frasques et les bourdes répétitives et redondantes de Dorion comme DG, il y a tout de même quelques points positifs à déceler. Comme négociateur, on peut clairement voir qu’il est loin de l’élite, très loin même. Toutefois, pour repérer le talent, c’est une autre histoire.

Ce n’est pas pour rien que Dorion travaillait comme dépisteur avant. J’aimerais rappeler qu’il a repêché Maxim Lajoie assez loin (5e tour) en 2016, et aujourd’hui, Lajoie est un morceau important à la ligne bleue des Sens. Dans ce même repêchage, Dorion a mis la main sur Jonathan Dahlen. Pour faire l’erreur d’échanger un jeune espoir rempli de talent contre un joueur de 4e trio, il faut d’abord le repêcher.

Le repêchage 2017 en est un autre où on a pu être témoin du flair de l’ancien recruteur, lui qui a utilisé ses 2 premiers choix pour mettre la main sur Shane Bowers et Alex Formenton. Alors que Bowers joue du bon hockey à Boston University malgré un début de saison difficile, Formenton est un joueur très talentueux qui est meilleur que ses statistiques laissent présager.

Formenton a aussi connu un excellent parcours lors de chacun des camps d’entraînement auquel il a pris part et il a réussi à se tailler une place dans la très talentueuse Équipe Canada Junior l’an dernier à 18 ans. L’homme natif d’Ottawa et ses recruteurs ont également vu juste quand ils ont jeté leur dévolu sur Drake Batherson, toujours en 2017.

À sa première année chez les professionnels, Batherson s’est taillé un poste au sein de l’attaque des Sens, lui qui a amassé 7 points en 11 matchs dans la LNH jusqu’ici. Dorion a peut-être payé un prix énorme et exagéré pour Matt Duchene, mais il a quand même mis la main sur un joueur de centre talentueux qui peut faire 80 points dans une saison.

L’échange de Karlsson

L’échange d’Erik Karlsson est perçu comme étant l’un des pires de l’histoire des Sénateurs. Toutefois, on peut constater que les éléments qu’ont reçus les Sénateurs en retour de Karlsson sont de bons  »assets » lorsqu’on les décortique bien. Josh Norris est un bel espoir provenant de l’Université du Michigan qui progresse chaque année.

Alors que DeMelo connait une saison pour le moins respectable, Chris Tierney a enfin éclos. Rudolf Bacers, un autre élément de l’échange, est un jeune Letton talentueux qui possède un bon potentiel. Dans cette transaction, les Sens ont également reçu 2 choix de 1er tour et 2 autres de 2e tour, des choix qui deviendront des rouages importants aux succès des Sens si on se fie au taux de réussite assez élevé de la formation d’Ottawa au repêchage depuis l’arrivée en poste du DG de 46 ans. Encore une fois, le flair de Pierre Dorion a porté fruit.

En bout de ligne, même s’il est très loin de faire l’unanimité comme négociateur, Pierre Dorion est extrêmement solide pour repérer le talent, peu importe où il peut en trouver. Maintenant, il sera intéressant de voir de quelle façon il mènera cette reconstruction, presque complète, chez les Sénateurs d’Ottawa.

 

Crédit photo: RDS

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