Le highlight de Ron Francis comme GM du Kraken


 

 Guillaume Arcand 

Non, je n’admets pas avoir craché gratuitement sur Ron Francis pour son travail au repêchage d’expansion.

Par contre, en croyant qu’il était mauvais dans tout ce qu’il faisait, je croyais quelque chose de faux.

Il a connu des journées solides dans les moments qui ont précédé le 21 mars dernier, date limite des transactions dans la LNH.

Ça n’empêche pas qu’il n’ait pas connu un repêchage d’expansion tout aussi reluisant. Loin de là !

C’est comme si, ces compensations qu’on anticipait prendre le chemin de Seattle ont finalement fait le chemin attendu, mais un peu plus de 6 mois plus tard.

Les choix, les choix, les choix !

Je suis certain que ce n’était pas la stratégie de base de Francis de convertir de futurs agents libres en choix au repêchage. Et pour ça, je le critique.

Par contre, même s’il s’agit d’un plan de rechange, je suis quand même satisfait de ce plan, malgré le contexte. Vraiment.

Car il l’a réussi à merveille.

Francis a laissé partir des joueurs qui étaient en fait des prêts, pour un retour qui est plus qu’intéressant.

En résumé, Seattle a reçu Daniel Sprong, 4 choix de 2e tour, 2 choix de 3e tour, un choix de 4e, un de 6e tour et un de 7e tour. Tout ça pour… Mark Giordano, Mason Appleton, Marcus Johansson, Calle Jarnkrok, Colin Blackwell et Jeremy Lauzon !

Ce qui fait le plus passer Francis pour, étrangement, dans ce contexte, un génie ? Tous ces joueurs qui ont servi à garnir la banque de choix ont tous été acquis gratuitement, c’est-à-dire par le repêchage d’expansion ou les agents libres.

En d’autres mots, ce sont des choix gratuits pour la formation de la côte Ouest.

L’échange de Giordano et Blackwell fait tout à fait du sens du côté des Leafs comme celui du Kraken. Et celui de Jarnkrok également pour le Kraken et les Flames, même si Seattle a quand même très bien monnayé Jarnkrok.

C’est sans oublier que Francis a convaincu l’éternel immortel Kevin Chevaldayoff de reprendre Mason Appleton même s’il était techniquement en position de vendeur.

Robert Hagg ou Jeremy Lauzon ?

Mais la transaction Johansson-Sprong, c’est plus que ça ! C’est un beau petit coup de génie de la part de l’état major du Kraken.

C’est vrai, Johansson est connu à Washington pour les raisons qu’on connait… euh, attendez une minute, la dernière bonne saison de Johansson remonte à 2016-17.

Et cette année-là, l’entraîneur était Barry Trotz et non pas Peter Laviolette. Justin Willams, Andre Burakovsky, Matt Niskanen, Nate Schmidt, Karl Alzner et Kevin Shattenkirk, entre autres, faisaient tous partie de la formation de la capitale américaine, ce qui n’est plus le cas aujourd’hui.

Alors, quel est l’intérêt de céder Sprong en retour de Johansson pour Brian MacLellan ?

En tous cas, l’intérêt, du côté du club de l’état de Washington, est claire comme de l’eau de roche que personne ne se rend compte qu’elle est là avant qu’on y touche : faire une très bonne affaire en allant faire l’acquisition d’un attaquant au beau potentiel contre un joueur qui n’était pas dans les plans de l’équipe.

Et que dire de l’échange de Jeremy Lauzon, qui a été envoyé à Nashville pour la somme d’un choix de 2e tour !

Il y a plusieurs variables à considérer dans le cas Lauzon pour évaluer cette transaction : il est québécois, et plus précisément Val d’orien. Il a aussi joué pour les Huskies de Rouyn-Noranda au niveau junior. C’est sans oublier qu’il s’agit d’un ex choix de 2e tour pour les Bruins de Boston en 2015, pour ensuite jouer un grand total de 76 matchs pour eux.

Et vous savez ce qu’on fait avec toutes ces variables ? On les prend, on en fait un paquet et on les jette aux poubelles. Ça ne sert à rien, en fait.

Pas besoin de tout ça pour se rendre compte que la SEULE ET UNIQUE raison expliquant cette transaction est que David Poile était plus que tanné de voir Ben Harpur et Mark Borowiecki avoir des minutes de jeu.

Et surtout, pour se rendre compte que Lauzon est loin d’avoir une telle valeur !

Francis a surtout réussi à faire passer cette transaction en convaincant Poile d’aller chercher Lauzon comme défenseur de profondeur quand Robert Hagg a été échangé dans ce même deadline, dans un échange intradivision, à un prix vraiment moins élevé !

Mais comment Ron Francis a pu gratter un si beau retour pour son défenseur quand Hagg était disponible à un prix modeste ?

Et surtout, qui prenez-vous entre Lauzon et Hagg ?

Pas besoin de développer plus…

Comme Alex Barabanov

Le séjour de Ron Francis comme patron à Seattle est encore très jeune. Au tout début, il a offert un repêchage désastreux et très catastrophique aux fans résidant dans l’état de Washington.

De quoi nourrir le contenu d’un show d’humour de quelques heures.

Mais alors, en l’espace de quelques mois, il paye une partie de sa redevance par rapport aux dommages causés.

Je m’excuse, mais le travail de Francis au repêchage d’expansion et durant les agents libres qui ont suivi était d’un gâchis momnuental et très pauvre en résultat à un point que cette date limite impeccable de sa part ne répare qu’en partie ce gâchis.

Calmez-vous, c’est déjà quelque chose qu’il parvient à nettoyer ce dégât de l’été 2021.

Alors, en gros, la carrière de Ron Francis comme GM ressemble beaucoup à celle d’Alex Barabanov dans la LNH : courte jusqu’ici, désastreuse au début, mais assez potable à mesure qu’elle avance à ce jour.

Mais attention. Tout comme avec Barabanov, il ne faut pas s’emballer avec l’ex GM des Hurricanes.

Je le dis ici : on ne devrait pas revoir autant de bons coups consécutifs de Francis avant probablement un petit bout de temps !

NHL Trade Deadline Master(et les Bucks)

Ça ne me dérange pas, avoir tort. Même que j’aime ça.

J’ai aimé me tromper lors de la plus récente finale de la NBA, impliquant les Bucks de Milwaukee et les Suns de Phoenix.

Tout le monde, surtout moi inclus, pensait que les jeunes Suns inexpérimentés, mais menés par le légendaire Chris Paul, qui étaient en feu à l’époque, allaient faire qu’une bouchée des Bucks, qui en avait, de l’expérience. Justement, ils avaient l’expérience de s’effondrer lors des moments chauds (des chokers, comme on dit dans le jargon populaire anglophone).

Et que s’est-il passé ? Après que les Suns aient gagné les 2 premiers matchs dans leur domicile, c’était l’affaire des Bucks à 100%. Mon Dieu qu’on est tous tombés dans le panneau. Mais bon, tant mieux pour Giannis et sa troupe d’avoir détruit l’égo de tous ceux qui ne croyaient pas en eux.

J’avoue, j’ai été un peu dur envers Francis. En fait, je dirais que s’il a fait un travail merdique en juillet, ce n’est pas nécessairement ce que je voulais, et le contraire se produisant, comme c’était le cas il y a quelques semaines, ne me dérangerait aucunement.

Le travail qu’il a fait au deadline est contraste à celui exécuté de l’été dernier, chose que je n’aurais jamais cru se produire.

Mais bon, sachez que ce n’est pas la première fois qu’il a connu un bon dernier jour possible d’échange. Il a déjà converti 2 choix de 2e tour pour un Eric Staal sans valeur.

C’est pour ça qu’à partir de maintenant, je vais lui donner le surnom de NHL Trade Deadline Master.

Possiblement le seul surnom de réellement positif que je peux lui donner.

Crédit photo : Sportsnet, NHL.com, Jaspers’ Rink