Tom Wilson est une honte pour la LNH


 Guillaume Arcand

J’avoue, j’en ai, des plaisirs coupables. Comme tout le monde.

J’ai notamment ce vilain plaisir de regarder des vidéos sur YouTube où on voit le gros attaquant des Capitals Tom Wilson se faire frapper violemment et solidement par des adversaires (toujours plus gros que lui, évidemment). Ça défoule. Je ne dois pas être le seul.

Mais bon, qui sont vraiment dans le plaisir coupable? Moi et les centaines de milliers d’autres qui consommons ce genre de contenu avec un enthousiasme débordant, ou la minorité qui regardent Wilson et qui en redemandent de ses violentes conneries, en criant derrière leurs écrans, bière à la main:  »Oui Wilson! Continue de protéger tes coéquipiers et tes adversaires méritent cela, montre-leur le hockey des années ’70, le bon vieux hockey! »

Pourquoi une  »honte » ?

Beaucoup de mots sont bons, sortez le Petit Robert, pour décrire Tom Wilson. En voici quelques exemples: canaille, violent, idiot, stupide, arriéré, peureux, lâche, danger public. Mais  »honte », c’est nettement plus représentatif.

Parce que Wilson est rendu cela. Une honte. Pour qui? La LNH, entre autres. On pourrait même dire le hockey moderne.

En continuant ses conneries qui excitent les amateurs de Dale Hunter et Dave Schultz en n’ayant comme seule conséquence, dans son cas, des matchs en moins ou parfois, que des amendes, le circuit Bettman s’attire de plus en plus de mauvaises critiques.

Si je montre les nombreux gestes immondes du numéro 43 digne de l’idiotie, la terreur et d’une mauvaise condition mentale à un individu qui veut s’intéresser au hockey, vous croyez qu’il va penser quoi de notre beau sport? Il va vouloir s’y intéresser? Vraiment?

Et on le laisse aller. En passant que les suspensions et  »l’envoyer au coin » va le faire réfléchir.

Je ne suis pas contre le fait de traiter Wilson comme un enfant de 10 ans (après tout, j’ai déjà vu des enfants de cet âge avoir plus de jugement), mais en même temps, ce n’est pas ça qui va changer quoi que ce soit.

Et ce n’est pas comme si la LNH voulait vraiment du changement. Chez les dirigeants de la plus haute ligue de hockey, les sirènes d’alarmes concernant le Torontois ne se signalent pas.

Pour faire une analogie, c’est comme si la ligue nationale était une femme, ou quelconque individu, qui était prise dans une relation toxique avec un conjoint violent qui est Tom Wilson dans cette analogie.

Tous les amis (les amateurs, du moins, la plupart) de la femme veulent désespérément que la femme reconnaissance que son conjoint n’est qu’un violent manipulateur qui mérite de pourrir jusqu’à la moelle en prison même si elle refuse de ne pas nier la situation et de vouloir sortir de cette relation.

Et la femme (LNH) nous dit de lui donner des chances sous prétexte qu’il va changer, quand ça fait déjà 10 chances qu’elle donne…

Et tous les amis sont d’accord pour souhaiter que le conjoint passe 24 heures dans une pièce à entendre des bruits de quelqu’un qui se frotte les ongles sur un tableau vert d’école.

Jusqu’à quand/quoi on va tolérer?

Impossible. Voici le mot pour décrire le fait que la LNH tolère le comportement de Tom Wilson éternellement.

Un jour, chez les décideurs de l’une des 4 grosses ligues sportives d’Amérique du Nord, on voudra poser LE geste pour se débarrasser complètement du danger que représente l’Ontarien de 27 ans.

Même si la sécurité de ses joueurs, elle devait s’en balancer complètement.

Pourquoi?

J’ai imaginé un scénario. Admettons qu’une entité secrète contrôle la direction de la LNH et a énormément d’influence. Et que cette association douteuse veut absolument garder, peu importe la raison, le jeu salaud de Wilson dans la LNH.

Même avec la présence de cette association, un jour, la LNH mettrait leur culotte en leur disant:  »ça suffit, on ne vous écoute plus, la réputation de notre ligue tombe en ruine! ».

Et les chances que cette association/entité existe sont probablement plus basses que les chances qu’ont les Coyotes de remporter la Coupe Stanley. Donc c’est ça.

En vrai, ça prend des conséquences sérieuses pour les gestes violents et totalement irréfléchis du numéro 43. Quand je parle de conséquences sérieuses, je parle de suspensions de 40, 50 matchs, ou même une saison complète, en passant par des amendes tournant autour du demi-million.

Des mesures exceptionnelles pour des situations exceptionnelles, comme on dit.

Prions seulement que le circuit Bettman va savoir prévenir la prochaine blessure grave et qu’on n’attendra pas un drame.

Mais c’est ça qui va arriver. Cette ligue va se créer peu à peu cette image de bonne vieille  »ligue de goon ». Et un Gary Bettman dans l’embarras va donner le coup de grâce de façon désespérée contre le gros ailier droit des Capitals afin de tenter de sauver sa mise.

C’est l’image ternie de la ligue qui va faire changer les choses. À un certain moment, les frasques violentes de Wilson feront trop d’échos pour que la LNH ne fasse rien.

On est parti pour voir d’autres gestes douteux (allo l’euphémise) de Wilson, dont les conséquences vont venir des autres joueurs de hockey qui verront rouge, et qui va donner des séquences qui va se transformer en contenu sur YouTube pouvant soulager la majorité d’amateurs de hockey moderne qui en ont par-dessus la tête de la saleté anti-hockey et sauvage de Tom Wilson.

C’est inévitable!

Vive le bon vieux hockey, vous dites?

Les commentaires négatifs de partisans qui aiment comment était pratiqué le hockey dans le temps où les noirs n’étaient pas du tout représentés dans les forces de l’ordre aux États-Unis suivant cette chronique seront nombreux. Je le sais. Et je sais EXACTEMENT à quoi ça va ressembler.

 »Haha tu aurais dû voir le hockey dans le temps, vous êtes tous rendus frileux! »

En voulez-vous une bonne, chers amateurs de Wilson et du hockey dangereux?

Imaginez seulement si l’ailier droit était présent dans les années ’80, où les gens sont moins  »snowflakes » selon vos dires.

Avec des vrais hommes forts de toutes les formes. Des hommes probablement plus gros et plus forts que les 220 lbs à Wilson, qui n’hésitent pas à frapper, comme on dit.

Vous pensez que le numéro 43 tiendrait combien de temps, lui qui s’attaque toujours à plus faible que lui? Croyez-moi, si on transpose l’attaquant controversé 40-50 ans auparavant, il ne pourra plus se cacher.

Ce ne sera plus que Ryan Reaves qui pourra l’intimider. Il devrait même se dire être chanceux d’être né dans la bonne époque, pouvant pratiquer ses conneries sans qu’un autre homme fort lui donne une belle grosse leçon.

Donc, si vous osez prendre la défense du choix de premier tour en 2012 en vantant l’époque de Dale Hunter dans les années ’80, ou celle de Dave Schultz dans les années ’70, vous vantez une époque où Wilson ne tiendrait pas 20 matchs à faire les mêmes gestes douteux (encore un bel euphémisme ici).Dans les années ’70 et les années ’80, il y avait des redresseurs de torts, des joueurs qui jetaient les gants sans pour autant affectionner le jeu salaud comme le fait Tom Wilson. On ne compare donc pas Wilson au hockey des années ’70. Wilson aurait pu, disons faire partie des Flyers qui étaient surnommés les «Broad Street Bullies» et qui pratiquaient du hockey salaud. Il ne représente toutefois pas l’image du hockey de cette époque. Toutefois, oui le hockey de cette époque était plus violent et oui c’est un fait que quelqu’un aurait réglé le cas de Tom Wilson s’il avait évolué dans les années ’70 ou’80.

Mais bon, même si nous ne sommes plus en 1973, il reste que la violence de Wilson ne passera bientôt plus auprès de ses confrères. Il va craindre les blessures et les attaques gratuites et violentes contre lui (et même que ça commence déjà).

Tout ça, car la LNH n’aura rien fait, préférant voir 3 batailles se déclencher à la mise au jeu initiale comme on a pu voir le 5 mai dernier dans le match Capitals-Rangers à la place d’imposer de réelles conséquences proportionnelles au panache sanglant de l’attaquant de puissance des Capitals.

Quelle belle honte il est ce cher Tom Wilson!

Crédit photo: USA Today, NHL Rumors