Série Maple Leafs vs Canadiens : il ne faudrait pas vendre la peau de l’ours trop rapidement ! ( Partie 1/2)
Par Anne Ouellet
Le Tricolore a déjà commencé sa préparation en vue des séries face aux Leafs, le 20 mai prochain. Plusieurs partisans de hockey se donnent à coeur joie, d’affirmer que les Canadiens vont se faire détruire en 4 ou 5 rencontres et qu’ils ne seront pas de taille, contre une puissance offensive comme celle de Toronto. La domination en saison régulière de la part des Leafs sur le Canadien, peut laisser un présage de dominance de leur part. Par contre, plusieurs facteurs sont différents rendus en série éliminatoire. Les enjeux ne sont plus les mêmes, sans parler de l’émotion et de la détermination des joueurs en série. Je ne dis pas non plus que le Tricolore va dominer la série, mais plutôt qu’il ne faut pas compter Montréal pour une équipe facile à battre et déjà éliminée. Voici mes arguments qui explique pourquoi ce sera plus difficile que l’ont croit pour les Leafs.
Un saison éreintante pour le CH
Nous savions déjà depuis le début de la saison, que les équipes de la Division Nord allaient devoir voyager énormément en raison des distances qui séparaient les 6 équipes. C’est un gros désavantage comparativement à la Division Est, où les voyages peuvent s’effectuer en autobus pour se rendre à l’amphithéâtre de l’équipe adverse (New York/New Jersey ou Pittsburgh/Philadelphie). La distance entre les équipes de la Division Nord n’est évidemment pas un problème qui touche seulement les Canadiens. Toutefois, en plus de la distance, le Tricolore a dû composer avec un problème de plus grande envergure, alors qu’ils ont vu leur calendrier être réduit suite à un arrêt des activités en raison du COVID-19. En fait, l’équipe montréalaise a pris part à 25 matchs en seulement 43 jours, ce qui donne 1 partie au 1.72 jour. Pour vous donner une idée d’un calendrier dit « normal », durant la saison 2018-2019, le CH avait participé à 1 match aux 2.27 jours en moyenne. Ce type de cadence inhumain vient augmenter les risques de blessures, mais surtout, il finit par jouer sur la concentration. C’est un peu comme lorsqu’on demande à une infirmière de faire son 2e supplémentaire (16 heures) en deux jours. Elle finit tout simplement par manquer de concentration due à la fatigue physique et mentale. On s’entend que l’erreur est moins grave au hockey, mais elle finit tout de même par couter des matchs et de précieux points au classement. Donc, d’affirmer que Montréal n’a pas sa place en série, c’est de ne pas prendre en considération plusieurs facteurs qui ont grandement influencé la saison du Tricolore. Nous avons les mêmes unités de joueurs qu’en janvier, lorsque le Tricolore accumulait les victoires.
Au lieu de jouer ses 25 derniers matchs en 48 jours (1 match au 1,92 jour), le Canadien les jouera en 43 jours (1 match au 1,72 jour).
— Alexandre Gascon (@GasconAlexandre) March 29, 2021
En 2018-2019, le CH avait joué 1 match tous les 2,27 jours.#Habs
La profondeur de Toronto VS celle de Montréal
On peut dire qu’au niveau de la profondeur, le Canadien a une très bonne longueur d’avance sur les Leafs. J’ai recueilli tous les joueurs de chaque équipe, y compris le Taxi Squad et j’ai calculé le nombre de matchs de séries que chacun à joué. Montréal sort grand gagnant et de loin! Pour les Leafs, ils ont en totalité 534 matchs d’expériences versus 840 parties pour les Canadiens. Également, Toronto possède 1 gagnant de la Coupe Stanley dans le vestiaire, versus 6 pour Montréal. Vous trouvez cela un peu banal, mais détrompez-vous! Lorsque la pression augmente, que les situations deviennent plus tendu, plus stressant, ou même lors du premier match de série, avoir des leaders comme ceux du Tricolore aident énormément les jeunes à garder le « focus » et ne pas prendre panique. Lors des dernières séries face aux Flyers, l’équipe manquait de ce type de leaders, des gars avec un vécu et avec de l’expérience pour mieux supporter les Suzuki et Kotkaniemi. Rappelez-vous lors de vous début dans notre domaine de travail, comment vous étiez stressés, que vous vouliez performer pour ‘impressionner » vos patrons et leur démontrer que vous êtes le bon choix. Vous étiez également ravie d’avoir un collègue d’expérience à vos côtés lorsqu’il arrivait une situation grave. Il en est pareil pour les joueurs de hockey. Les jeunes ont besoin des mentors près d’eux pour les aider à affronter le chemin difficile des séries. Et sur ce sujet, Montréal a énormément d’expérience en série pour aider les jeunes Evans, Romanov, Kotkaniemi et Suzuki à connaitre du succès.
De plus, le taxi squad des Maple Leafs n’est pas constitué pour les séries. Sur 7 joueurs (4 attaquants, 2 défenseurs et un gardien), on retrouve seulement 37 matchs d’expériences en série, dont 32 rencontres qui appartiennent à Alex Galchenyuk. Quatre joueurs du lot n’ont joué aucune série dans la LNH et les 2 autres ont juste 1 et 4 parties d’expérience. Montréal a présentement 87 joutes d’expérience en série dans son Taxi Squad, un gagnant de la Coupe Stanley et 2 choix de première ronde. On est plus tôt bien garnie au niveau de la profondeur. On pense souvent que c’est pratique en cas de blessure, mais aussi, il est bien utile lorsqu’il vient le temps de « brasser la salade » ou reposer des joueurs. Il sera difficile et même étonnant que Toronto utilise son Taxi Squad, sauf pour Galchenyuk ou Engvall, tandis que Montréal possède une panoplie de ressource et peut ainsi se permettre d’apporter des sources fraîches plus régulièrement que les Leafs.
Équiper pour contrer les meilleur
Le Tricolore a les éléments en place pour contrer les deux premiers trios des Leafs. Nous connaissons tous le talent de Philip Danault lorsqu’il faut surveiller un des meilleurs éléments adverses. On l’a remarqué cette saison lors des affrontements des Oilers, au point que McDavid en perdait patience. La dernière série contre Pittsburgh, il avait fait un travail colossal face à Sidney Crosby, permettant son équipe de gagner la série. On devrait s’attendre à voir en continu le trio de Danault/Tatar/Gallagher face à celui de Matthews/Marner/Foligno ou Hyman. Si le centre de Montréal continue son excellent jeu défensif et utilise sa vitesse pour contrer Matthews, il sera plus difficile pour le meilleur buteur de cette année, d’enfiler l’aiguille aussi facilement qu’en saison régulière. De plus, pendant absence de Danault, Dominique Ducharme a découvert une nouvelle unité défensive, capable de limiter les gros canons des trios adverses, de marquer et d’exécuter le jeu très rapidement, en réunissant ensemble Jake Evans, Paul Byron et Arturri Lehkonen. On a pu observer leur utilité lors d’un match entre les Canadiens et les Oilers. Byron a la vitesse pour suivre le 2e trio des Leafs et surveiller étroitement le centre John Tavares. Il faut s’attendre à voir un jeu très hermétique et physique de la part du CH, s’ils souhaitent passer au travers des Leafs. Ils n’ont pas les moyens de faire une guerre de buts à chaque match et de jouer du hockey ouvert. Le Canadien est maintenant rendu une équipe physique, comme en témoigne les 1585 mises en échec cette saison (1er rang dans la LNH), tandis que Toronto sont une équipe plus axée sur la vitesse et la finesse. Ils devront utiliser cette facette de leur jeu pour devenir une équipe éreintante à jouer contre les meilleurs éléments adverses.
Ceci était la première partie de mon texte. Comme j’ai beaucoup de sujets à aborder, j’ai préféré couper le sujet en deux, pour vous éviter une longue lecture. J’espère que vous aviez apprécié la première partie et je vous invite à surveiller la 2e partie qui sera publiée très bientôt.
Crédit photo : Saltwire
