Le prochain DG des Canadiens ne devrait pas avoir à être obligatoirement francophone
Daniel Vanier
Il y a déjà une semaine que Geoff Molson a pris la décision de congédier le directeur général Marc Bergevin, son adjoint Trevor Timmins et le vice-président principal aux communications Paul Wilson. Il y avait toutefois beaucoup de rumeurs sur le départ de Marc Bergevin des Canadiens de Montréal depuis beaucoup plus longtemps que cela.
La rumeur qui se voulait la plus persistante était celle qui circulait comme quoi que dès que Geoff Molson aura déniché un bon candidat francophone pour le remplacer, Marc Bergevin partira.
Finalement, le candidat ne fut non pas seulement anglophone, mais américain de surcroît avec la nomination de Jeff Gorton. Ce fut une nouvelle qui n’a pas fait que des heureux chez les partisans des Canadiens. Certains d’entre eux étaient offusqués que l’élu n’était pas francophone. Geoff Molson a calmé quelque peu la grogne naissante en disant que le poste de directeur général des Canadiens deviendra en fait une gestion à 2 têtes et que le 2e élu devra absolument parler français.
Pourquoi un francophone à tout prix ?
Bien que l’auteur de ces lignes est un amoureux de la langue française et un fier défendeur de celle-ci, il n’en demeure pas moins qu’il n’est pas d’accord sur le fait que le directeur général des Canadiens de Montréal et son entraîneur doivent être absolument francophones.
Comme le dit si bien un internaute (dans un langage un peu moins châtié !) qui utilise le pseudonyme de Jungle Joe, si les Russes avaient eu la même mentalité que les Québécois, les propriétaires de L’Avangard d’Omsk n’auraient jamais engagé Bob Hartley et ils n’auraient peut-être pas remporté la Coupe Gagarine:
Si les Russes avaient une esti de mentalité de borné de la langue comme nous autres, Omsk aurait jamais engagé Bob Hartley et n’aurait peut-être jamais gagné la coupe. Pense pas que Bob fait ses conférences de presse en Russe
— Jungle Joe 🍪🐅 (@joerandom123456) December 3, 2021
On se limite dans les candidats…. Souvenez-vous de Sam Pollock!
En agissant ainsi, on se limite dans les candidats et on risque parfois de passer à côté d’un beau talent simplement pour une question de langue. Lorsque je pense aux directeurs généraux de la LNH qui font du bon travail, les 3 premiers noms qui me viennent en tête sont ceux de Julien Brisebois, Steve Yzerman et Joe Sakic. Bien entendu, ces 3 DG ne sont pas disponibles, mais s’ils l’avaient été, Pourquoi se priver d’un talent tel que celui de Joe Sakic ou de Steve Yzerman par exemple dû au simple fait qu’ils ne parlent pas français? Je suis d’accord pour dire que oui l’idéal est que le DG du CH parle français, mais cela ne devrait pas être le premier critère de sélection selon moi.
Avons-nous oublié que le meilleur DG de l’histoire du CH, Sam Pollock, était unilingue anglophone ?
Le français ça s’apprend
Comme l’a dit Bob Hartley sur les ondes du 91,9 vendredi après-midi : « Si je suis capable d’apprendre le russe, Gorton est capable d’apprendre le français. »:
LRDS // Ne change jamais, Bob 😂
Sa chronique d’aujourd’hui ➡️ https://t.co/NIKhGktLfG pic.twitter.com/w0XqffMs0L
— 91.9 Sports (@919sports) December 3, 2021
Car oui c’est important que le DG du CH puisse s’exprimer en français. Il peu toutefois prendre des cours pour cela. Alors qu’il n’y a pas vraiment de cours de DG. Il faut un genre de talent inné pour effectuer ce boulot et Jeff Gorton a prouvé qu’il en possède… et beaucoup!.
Jeff Gorton est un excellent choix
Les partisans des Canadiens qui s’insurgent sur la langue ou la nationalité de Gorton devrait plutôt regarder sa feuille de route. Il a un très bon bagage d’expérience. Il travaille depuis plusieurs années dans la LNH et il connaît déjà la réalité de deux organisations du circuit Bettman en ayant travaillé précédemment avec les Bruins et les Rangers. On peux donc dire qu’il possède déjà l’expérience des gros marchés. Le hockey est très populaire à Boston et New York. Peut-être pas autant qu’à Montréal, mais les partisans sont passionnés eux aussi. On parle donc là-aussi de deux marchés de hockey très importants.
L’Américain maintenant âgé de 53 ans, a fait ses premiers pas dans la LNH à l’âge de 26 ans quand il fait ses premières armes dans la LNH en tant que directeur du dépistage des Bruins de Boston, lors de la saison 1994-1995.
Il va occuper ce poste durant cinq ans. Il a repêché des joueurs comme P.J. Axelsson, Kyle McLaren et Sergei Samsonov, en plus de mettre la main sur Joe Thornton, tout premier choix en 1997, avant d’être promu au poste de directeur général adjoint. Il continue toutefois d’avoir encore son mot à dire pour le recrutement des joueurs au repêchage pour les Bruins et il va faire de belles trouvailles en Nick Boynton, Patrice Bergeron, Mark Stuart, David Krejci, Milan Lucic, Brad Marchand et Phil Kessel, les trois derniers en 2006.
Jeff Gorton va passer 14 saison avec les Bruins avant de se faire montrer la porte du TD Garden au terme de la saison 2006-2007. Il ne demeurera pas longtemps sur le chômage, car dès l’automne suivant, il est engagé par les Rangers de New York. Au départ, il redevenait simple dépisteur avec la formation de Broadway, mais il va prendre rapidement du gallon, passant à directeur du personnel des joueurs (2008), à directeur général adjoint (2011), avant de succéder à Glen Sather dans le siège du directeur général, en juillet 2015.
Il va passer 6 ans à New York avant d’être congédié à la fin de la saison 2021, alors que les Rangers ratent les séries éliminatoires pour une deuxième année de suite. Par contre, il y a fort à parier que son rôle dans la fameuse affaire qui voit les hauts dirigeants de l’équipe adresser une lettre amère à la Ligue nationale pour sa gestion jugée inadéquate des agressions commises, en mai, par Tom Wilson, des Capitals de Washington, à l’endroit d’Artemi Panarin et de Pavel Buchnevich a joué aussi un rôle dans la balance.
Il aura quand même eu le temps de laisser sa marque en effectuant un excellent échange quia permis aux Rangers d’acuérir les services de l’excellent Mika Zibanejad des Sénateurs d’Ottawa. Gorton avait aussi effectué un autre bon coup avec la signature d’Artemi Panarin. Il a aussi fait de bons choix au repêchage avec le Finlandais Kaapo Kakko et le tout premier choix au repêchage de 2020, Alexis Lafrenière.
Bref, en Jeff Gorton, le Tricolore mets la main sur un excellent directeur général doublé d’un recruteur tout aussi excellent. Il ne parle pas français pour le moment ? Who cares !
Il est plus que temps que les Canadiens de Montréal mettent cette vieille mentalité dépassée de côté et opte pour le meilleur candidat tout simplement, et ce peu importe la langue qu’il parle.
À ce titre, pour moi le second homme de tête pour cette fonction ne devrait même pas être un francophone de façon obligatoire. Engageons simplement le meilleur candidat possible.
Concentrons-nous sur le talent avant tout !
Crédit photo : The Athletic
