Le «Hurricanes bashing»: une nouvelle tendance


 Guillaume Arcand 

Du  »bashing » et des critiques, ce sont toutes les organisations de la LNH qui en sont victimes. Et les plus grands responsables de ce «bashing»? Les fans de ces mêmes clubs.

Mais depuis quelques mois, avec les Hurricanes de la Caroline, c’est à un autre niveau, et ce qui est étonnant, ce sont les raisons qui en découlent. On peut appeler ça du «Hurricanes bashing».

Des assaillants de tous bords!

Si vous vivez au Québec, vous n’avez pas besoin de chercher bien loin pour trouver des échantillons de cette tendance. Vous n’avez qu’à crier «Kotkaniemi» et hop, voilà, vous expérimenterez la vague de critiques «anti-Canes» qui perdurent depuis l’été dernier.

Mais le «Hurricanes bashing» ne se limite pas seulement à ça. Et pas non plus à la frustration d’un dinosaure et ancien coach qui se fâche à Sportsnet contre les célébrations de victoire des Hurricanes.

Non. Les critiques se sont aussi dirigés contre leur saison morte des plus «désastreuses». Apparemment, la formation de Rob Brind’amour a laissé partir son meilleur défenseur (Dougie Hamilton) pour signer un défenseur rempli de problèmes (Tony DeAngelo), a échangé un bon jeune gardien (Alex Nedeljkovic) afin de laisser place à deux gardiens moyens (Frederik Anderson et Antti Raanta), en plus de surpayer un flop (Kotkaniemi).

Vous comprendrez que la «offseason» des Canes n’est qu’une cible facile et que toute l’affaire reliée à Kotkaniemi est plus difficile à manquer qu’un autobus pour un tireur élite à la carabine.

Les critiques faites à l’endroit de la formation de Raleigh sont faciles. Elles ne demandent pas un gros effort intellectuel. Pour les concocter, ces supers critiques, ça prend juste des informations qui se trouvent en surface de l’eau et des opinions populaires, et hop, la recette des critiques du «Hurricanes bashing» est terminée!

En voici la preuve: au moment d’écrire ces lignes, les champions de 2006 ont une fiche de 21-7-1, en plus qu’Andersen connaît une super saison, même si apparemment, Nedeljkovic est mille fois meilleur.

C’est ça, du «bashing». Des critiques lourdes et dures qui s’avèrent être fausses, à la lumière de ce qu’on peut (facilement) observer.

Visiblement, on peut dire que tout ce charabia «anti-Canes» a été généré par une grosse boule d’émotion de plusieurs amateurs de hockey, maintenant qu’ils doivent admettre que ce qu’ils ont avancé s’est avéré à être des prédictions fausses.

Mais bon, avec la saison de «KK» actuelle et la récente déclaration de Don Wadell à ce sujet, ils ont encore ça pour se consoler!

Pas des snipers

Si les sympathisants de la tendance aiment tirer, ils ne sont pas capables de tirer sur les bonnes cibles afin de faire valoir leur point, qui est que les Hurricanes n’est qu’une organisation déchue qui ne risque de pas les séries.

Ils peuvent attaquer les Hurricanes sur tout plein de points logiques qui leur donneraient indiscutablement raison… mais ils ne le font pas!

Ne venez pas dire qu’ils sont autre chose que des émotifs quand ils ne sont pas en mesure de faire les BONNES critiques.

Vous voulez des points où les Hurricanes sont faciles à condamner? En voilà!

Lors des 3 dernières après-saisons, ça ne s’est jamais bien terminé pour la formation de Raleigh. En fait, ça ne s’est jamais conclu de façon très élégante.

Lors des 3 occasions, ils ont été sortis en 4 matchs une fois, et en 5 matchs deux fois. Chaque fois, ils ont été une proie facile par rapport à ce qu’ils auraient pu être.

Ajoutez à cela le fait qu’ils investissent présentement environ 15 millions sur Jordan Staal, Nino Niedereitter et Brady Skjei, que Teuvo Teravainen ne semble plus être le joueur élite qu’il a déjà été et l’échange de Jake Bean…

On a du beau matériel pour cracher et ridiculiser la formation basée en Caroline du Nord ici. Du matériel… intelligent!

Mais non, ceux qui entretiennent la tendance anti-Canes préfère marteler que de perdre Hamilton est pire que perdre Victor Hedman, que Frederik Andersen n’est pas bon, que le contrat de Tony DeAngelo n’est pas une aubaine et surtout, que Kotkaniemi est le pire flop de l’histoire.

Je n’ai rien contre le fait de critiquer les Hurricanes. Aucune formation de la LNH n’est parfaite, en passant.

J’aime bien mieux voir des gens, dans le cadre d’un podcast sérieux par exemple, parler des récents insuccès des Canes en séries en long et en large et pourquoi c’est une mauvaise idée de les mettre champion (comme je l’ai fait en 2021) dans un «bracket» pour les séries 2022, que de voir, dans un chaud débat sur Facebook, un partisan du CH rire du contrat de Kotkaniemi de façon très originale pour ensuite qu’un fan typique des Bruins réponde «’hahahaha va pleurer ailleurs le fan des CHaudrons de Mourrial».

Cherchant à s’attaquer à la formation siégeant au PNC Arena, les partisans du «Hurricanes bashing» ne sont même pas capables de le faire adéquatement. On voit le sérieux de leur «cause».

Le cas DeAngelo

Dans la foulée de la montée «anti-Canes», il fallait que je parle de ce cas. Ce cas très particulier constitue un gros sujet pour des raisons hors hockey que vous connaissez bien.

Si son effroyable histoire avec les Rangers s’est déroulée en grande partie cachée des yeux du public, on peut croire que depuis, encore une fois en arrière des rideaux, un cheminement a été fait de la part du défenseur controversé pour qu’il puisse intégrer la LNH dans un autre club.

Il reste que «basher» les Canes sur ce point est plus intelligent que de leur chercher toute sorte de «bibittes» pour une histoire de «guéguerre».

Mais bon, si les Canes sont coupables d’avoir signé un tel joueur, y’a bien d’autres équipes qui voulaient également lui donner une autre chance. Ces équipes sont également coupables, selon moi.

Si on critique les Canes pour cela, on devrait critiquer les autres équipes qui ont tenté la même chose.

Sortez-moi vos notions de cours de philosophie du CEGEP, Peter Singer et son concept de dilution de la responsabilité.

Je n’excuse les Hurricanes en rien. Je dis juste qu’ils sont AUTANT coupables que d’autres clubs qui ont cru que DeAngelo peut encore jouer dans cette ligue.

Mais bon, y’a juste les Hurricanes à blâmer chez les gens responsables du «Hurricanes bashing», comme toujours, évidemment.

Différence avec le Blackhawks bashing

Vous savez ce qui est différent entre le «Hurricanes bashing» et le «Blackhawks bashing»? C’est facile: ce sont les arguments plus fondés du côté des gens critiquant les Hawks.

Et puis, les raisons derrière ces deux mouvements est ce qui change tout.

Car cracher sur une organisation cachant, niant des histoires de crimes sexuels tout en refusant d’épauler un joueur victime d’agression sexuelle, c’est nettement plus productif et acceptable que de cracher sur une organisation pour des raisons émotives sans même parler du fait qu’elle paye Brady Skjei 5,5 millions de dollars par année.

crédit photo: WNCT, The Athletic, Hometown Source