Jack Gorniak: l’espoir du Canadien qu’on a découvert en observant Cole Caufield


Par Guillaume Arcand

Depuis qu’il a été repêché par le Canadien en 2019 après avoir étrangement glissé au 15e rang ce soir-là, on couvre étroitement les activités, si ce n’est pas les moindre faits et gestes, de Cole Caufield. Si cette soudaine couverture supplémentaire dans l’ensemble du Québec peut être quelque peu néfaste pour le jeune marqueur, cet intérêt élevé des médias québécois sportifs a pu être bénéfique pour son coéquipier à Wisconsin University Jack Gorniak. En effet, ses performances ont pu enfin avoir quelques mentions et éloges en dehors des médias qui couvrent les activités de la NCAA.

Enfin sous les projecteurs!

Je suis le premier à dire que le Canadien de Montréal prend beaucoup, si ce n’est pas trop parfois, de place au sein des sujets relatés par nos journalistes sportifs au Québec. Je dois aussi dire que certains espoirs, même ceux de la Sainte-Flanelle, ne recevront jamais une visibilité raisonnable, à moins qu’ils se démarquent dans un évènement de grande ampleur qui réunit plein d’amateurs et d’analystes, comme le Championnat Mondial Junior.

Frederick Dichow, Kieran Ruscheinski et Jack Gorniak, qui est le principal intéressé ici, en sont des exemples de jeunes joueurs peu connus du public malgré le fait qu’ils appartiennent à l’équipe sportive la plus populaire de la belle province. J’ai moi-même dû aller faire quelques recherches sur Elite-Prospect pour m’assurer de l’existence de ces jeunes athlètes.

Le phénomène traité ici n’est, en aucun cas, autre chose que normal. Il n’y a aucun reproche à faire à part peut-être qu’ici, au Québec, on accorde peu d’importance au hockey collégial américain. Cependant, nous ne savons pas c’est quoi l’ampleur d’une ligue comme la NCAA ,car au pays, nous n’avons pas d’équivalent d’un tel circuit.

C’est donc dire qu’il n’y a rien d’anormal que vous n’ayez presque pas vu le nom de Gorniak mentionné dans beaucoup de titres d’articles parlant de jeunes espoirs du Canadien. La plupart d’entre nous ne savaient pas que l’ex-capitaine de West Salem High existait avant qu’on soit tous embarqué dans la frénésie Caufield, ce qui nous a amenés à regarder des matchs de son équipe, et découvrir qu’un autre intéressant espoir du Canadien se trouvait au sein de l’alignement des Badgers du Wisconsin.

De bonnes stats

Donc, la saison 2020-21 est la 3e campagne de Gorniak d’une aventure parsemée de haut et de bas dans la NCAA. Après avoir compilé de très bons chiffres, entre 2016 et 2018, (110 points en 46 matchs) au niveau de l’école secondaire, le Wisconsinien s’est amené dans la NCAA. Malgré des chiffres plus que reluisants au niveau << high school >>, le protégé de Tony Granato a quand même eu besoin d’une certaine période d’adaptation chez les collégiens à ses débuts (ce qui est encore une fois très normal).

Alors que les deux premières campagnes n’ont pas été aussi étincelantes statistiquement parlant que celles qu’il a connues au niveau secondaire dans le cas de l’attaquant de 5’11, il semble enfin avoir trouvé son erre d’aller, cette année, alors qu’il a inscrit 8 points en 10 matchs. Cette production offensive représente un contraste par rapport à ce que le numéro 11 des Badgers a offert entre 2018 et 2020, alors qu’il n’a récolté que 22 points en l’espace de 65 joutes au courant de cette période.

 »C’est uniquement à cause de Cole Caufield »

Qu’est-ce qui peut expliquer l’augmentation aussi soudaine de cette statistique? Est-ce l’attention supplémentaire aussi soudaine qu’un lancer d’Alex Ovechkin, ou bien il s’agit d’une longue période d’adaptation dans la NCAA qui a finalement porté fruit cette saison?

Peu importe quels sont les facteurs justifiant cette flambée de points à la fiche de l’attaquant natif de West Salem au Wisconsin au courant de l’actuel campagne, c’est inévitable que plusieurs amateurs vont croire que la cause est Cole Caufield. Toutefois, en faisant quelques recherches, on peut voir que le choix de premier tour de l’organisation montréalaise en 2019 n’a pas vraiment eu d’impact direct sur le choix de 4e tour en 2018 de la même formation ainsi que sur ses chiffres offensifs, et du même coup réfuter ces affirmations qui ne sont pas fondées sur les meilleures bases est quelque chose de facile.

https://www.youtube.com/watch?v=bu91ATNBhmQ

Gorniak a principalement évolué cette année avec les attaquants Ryder Donovan et Owen Lindmark. Lorsque l’attaquant de 21 ans inscrivait un point, il s’agissait, la plupart du temps, des deux attaquants nommés un peu plus tôt qui participaient au but avec Gorniak.

Oui, le petit américain de 19 ans a alimenté plusieurs de ses coéquipiers cette année, mais il ne s’agissait tout simplement pas de son potentiel futur coéquipier. Ce n’est qu’à 3 occasions que les deux projets du Bleu-Blanc-Rouge ont combiné leurs efforts sur un même filet.

Cela n’est que l’explication théorique justifiant pourquoi Caufield et Gorniak n’ont pas influencé mutuellement leur production offensive cette année. Il y en a d’autres.

Un joueur dynamique

Le fait de dire que Caufield, ou même d’autres gros canon de Wisconsin University ne gonflent pas les stats de Gorniak n’est pas juste relevé de la théorie et de chiffres qu’on peut facilement vérifier sur Intenet. C’est aussi quelque chose qu’on peut facilement observer sur la patinoire.

En effet, celui qui a entamé sa 3e saison au niveau collégial lors de la présente campagne se situe au 3e rang de son équipe au niveau des points sans avoir un partenaire de trio qui peut se vanter d’être possiblement un des meilleurs joueurs de hockey collégiaux aux États-Unis. Le frère de Tyler Gorniak réussit à se démarquer pour son dynamisme avec la rondelle.

Ce n’est pas lui qui possède le meilleur contrôle de la rondelle ni les meilleures mains, tout en n’ayant pas le coup de patin de Connor McDavid. Toutefois, il brille par son implication constante sur le jeu, son habilité à créer des jeux avec efficacité en plus de générer sa part d’offensive.

lorsqu’ on dit que l’attaquant de 21 ans travaille pour ses points et qu’il est loin de se traîner les pieds en attendant que ses coéquipiers l’aident à noircir la feuille de pointage, on peut le constater rapidement par son implication et son efficacité sur la patinoire.

Déjà, l’espoir de 21 ans parvient à démontrer des similitudes dans son jeu avec des joueurs établis de la LNH comme Boone Jenner pour son dynamisme et Philip Danault pour ses capacités offensives. Gorniak n’a peut-être pas les habiletés offensives de Mathew Barzal, mais lorsqu’il a moindrement de l’espace, il est également en mesure de décocher un lancer qui sera très difficile à arrêter pour le gardien.

N’étant définitivement pas le joueur le plus excitant à regarder ni celui qui va faire vendre des chandails dans le cas où il accède au hockey de très haut niveau, le numéro 11 des Badgers a tout de même quelques outils intéressants dans son coffre. Si voir Gorniak occuper un poste sur un top 9 de la LNH serait déjà une victoire dans son cas, je ne serais pas surpris de le voir faire le travail comme 2e centre s’il subit une progression fulgurante au courant des prochaines saisons.

Donc, grâce à Cole Caufield et à l’intérêt généralisé autour du jeune américain petit format, on a découvert ce beau projet ainsi que ce potentiel intéressant qu’est Jack Gorniak. Après avoir fait connaissance avec ce choix de 4e tour en 2018 du Canadien dont les performances étaient peu couvertes avant le début de l’actuelle saison, je crois que les possibilités soient bonnes pour que Gorniak soit une raison supplémentaire de croire que depuis 2017, le Canadien fait un travail très satisfaisant en termes de recrutement.

Crédit photo: Wisconsin Badgers

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