Ce manque d’empathie envers les arbitres


 Guillaume Arcand 

Vendus. Pourris. Aveugles. Pas bons. C’est tous des mots qu’on a déjà entendu dans les arénas pour souligner l’insatisfaction face aux arbitres.

Ce n’est pas difficile de constater qu’ils sont toujours des cibles, au point qu’on pourrait assumer que ce sont des boucs-émissaires. Cependant, combien de fois on a porté attention à comment ils allaient?

Soit qu’on s’en sert comme excuse de façon émotive, ou bien, on oublie leur présence.

2 poids / 2 mesures

Jamais, on ne parle des arbitres. Sauf pour se plaindre, évidemment.

Le seul portrait qu’on en fait en sont des êtres méchants et nuisibles.

Évidemment, ça arrive, ils font une mauvaise job, parfois. Comme tout le monde. Comme vos joueurs préférés.

Quand un joueur connait un mauvais match, ce n’est qu’un mauvais match. Il va se reprendre, comme on aime nous répéter comme si nous étions des êtres limités intellectuellement.

Mais quand il s’agit des hommes au chandail rayé, alors là, non, ça ne passe pas. C’est dégoûtant et automatiquement, tous ceux qui appliquent les règlements avec leur chandail noir et blanc ne sont pas dignes de leur job!

Ce 2 poids / 2 mesures n’est pas quelque chose d’anormal. C’est comme ça partout dans le domaine du sport, à tous les niveaux. Et quand nous pratiquons ou regardons un sport, on s’attend à ce que les individus en place pour faire respecter le règlement le fassent le mieux possible et ce, dans un cadre neutre.

Et le jour où on a l’impression que cette neutralité promise ne s’est pas reflétée dans quelques appels douteux des arbitres, on n’en est pas content. Et on ne devrait surtout pas l’être. C’est normal.

Mais se plaindre sur les réseaux sociaux du travail des individus avec le sifflet au cou sans arrêt mènera à la même chose que de se plaindre sur le travail d’un joueur en particulier. Ça ne mènera à rien.

Même si un joueur dit  »non-neutre » et un arbitre  »neutre » ont des devoirs différents pendant une partie, une contre-performance reste une contre performance. Comme vous avez déjà probablement eu au bureau.

Et dans chacun des cas, il s’agit de se servir d’excuses pour cacher la contre-performance de votre club préféré…

Ça prend des couilles d’acier pour faire un travail ingrat pour ensuite être utilisé comme une excuse de la part d’une bande de frustrés.

Fini les débats

Ce réflexe vieux comme l’instinct de survie de s’en prendre aux arbitres est un venin pour quelque chose d’autre que les pauvres arbitres eux-même.

C’est l’évaluation de ceux-ci.

Avec cette mentalité anti-arbitres universelle et qui en devient presque une norme sociale, ce n’est plus possible de bien juger leur travail. Sans quoi on se lance dans un débat polarisé et même toxique.

Si je dis que les arbitres ne font pas un travail adéquat, je passe pour le même genre de frustré qui s’en prend aux zébrés de façon régulière au point de dire qu’ils servent de moyens pour que des commissaires tirent les ficelles afin de déterminer qui gagne le championnat. Le club de la  »résistance face à la corruption anti-Canada de Bettman » va même tenter de me recruter, me voyant comme un bon candidat à leur culte étrange…

Au contraire, si je juge que les officiels ont arbitré un bon match, je serai traité comme un collaboateurs participant au méchant complot de Gary Bettman et comme quelqu’un qui est  »aveugle » et qui  »défend l’indéfendable ».

C’est comme ça, que voulez-vous. Des gens qui pensent que Chris Lee ne devrait plus arbitrer dans la LNH par simple manque de compétence et que la LHJMQ devrait réviser son système d’embauche d’arbitres tout en ne croyant pas que tous les officiels de la Terre sont des zinzins sans aucune qualification qui acceptent les bonus d’un patron qui a des commandes sur les issus des saisons de certaines ligues, on dirait que ça n’existe presque plus.

Ils n’osent pas parler. De toute façon, qui aime ça, parler des arbitres? C’est bien plus divertissant de parler des buts de Connor McDavid pendant 3 heures…

Vous voyez pourquoi c’est si difficile d’évaluer les indivdius au chandail rayé alors qu’il s’agit d’un sujet sensible. Et que simplement quelques émotifs peuvent faire des raccourcis intellectuels pouvant facilement dévier et même détruire une discuission concernant le sujet.

Courage à ceux qui, si jamais un comité d’évaluation des arbitres est créé, occuperont un tel poste, alors qu’ils devront essuyer toutes sortes de commentaires de gens au jugement extrême.

Nouvelles façons d’arbitrer?

Je ne peux être déçu car malgré tout ce que cela peut amener, on parle de cette problématique. Et on réussit à amener des gens qui ne sont pas complément d’un côté ou l’autre des extrêmes du spectre dans la discussion.

On essaie de trouver des solutions pour aider l’arbitrage, proposant même de modifier des choses du métier d’arbitres qui ne laisse pas place à l’erreur. On parle d’avoir des arbitres supplémentaires qui opéreraient de la passerrelle.

Mais bon, le manque d’empathie à leur égard à leur égard n’arrêteras pas là, comme ça! Surtout qu’on parle d’ajouter des arbitres, et donc, d’autres bouc-émissaires…

La vraie solution? Ne pas sombrer dans une émotion négative après un mauvais match de leur part, histoire d’éviter d’encourager ce comportement, n’en déplaisent à ce que certains émotifs vont déblatérer.

Et pourquoi pas, en plus, donner encore plus de visibilité aux gens remplissant des sections d’amphithéâtres de la LNH avec un chandail rayé, en soutient aux arbitres.

C’est tant mieux si on aide le travail de nos zébrés.

Crédit photo: Detroit News, Scouting The Refs, RDS