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Xavier Simoneau: pas une superstar, mais la noblesse et l’éthique incarné


Par Guillaume Arcand

Lorsque les Voltigeurs de Drummondville ont repêché ce fameux jeune joueur au nom de Xavier Simoneau en 2017, on savait que la formation drummondvilloise venait de mettre la main sur un joueur de qualité qui allait, de près ou de loin, transformer sérieusement la franchise. 3 ans et demi plus tard, que ce soit pour avoir été un membre important dans une équipe aspirante ou un pilier pouvant donner espoir à une jeune équipe, on peut confirmer à ce jour ce qu’on supposait le jour de sa sélection.

Trop de pression trop tôt sur nos jeunes?

C’est un sujet sensible, mais je ne crois pas offenser une grande masse de gens à en parler et ma thèse sur le sujet ne devrait pas attirer son lot de controverses. Dès un jeune âge, on idolâtre nos jeunes joueurs, parfois de manière excessive.

Certains sont en secondaire 3, et voient déjà leur nom passer sur des articles de RDS. Attention, personne n’est à blâmer ici. Moi-même, j’avoue que j’ai découvert Tim Stutzle un peu avant tout le monde (en 2017-18) en observant les statistiques des joueur dans leur mi-dizaine dans une certaine ligue en Europe.

On aime voir des hockeyeurs sortir du lot. Quand un joueur X arrive à se tailler un poste dans une équipe du Midget (ou U17) espoir quand ils sont supposés compléter une 2ème année dans le Bantam (ou U15), ça attire inévitablement l’attention et c’est tout d’un coup excitant.

C’est encore plus impressionnant de voir un jeune se tailler un poste dans le Midget AAA en étant un « Bantam 2ème année ». La folie devient furieuse autour de l’espoir quand il arrive à maintenir une moyenne d’un point par match dans le U16 AAA à 14 ans.

Je ne dis pas que c’est mal de parler de jeunots qui performent et qui se démarquent tel un point noir sur un fond blanc tôt dans leur jeune carrière, au point d’imiter de précédents grands joueurs, mais il ne faut pas oublier que ce sont des êtres humains qui ont une jeunesse normale à vivre. Simoneau est un exemple de cette pression parfois inutile.

Déjà, en 2016-17, le Gatinois démontrait de très belles choses depuis déjà deux saisons avec l’Intrépide de Gatineau après avoir été retenu dans le club pour la saison 2015-16, à seulement 14 ans. On le voyait dominer tout partout dans la LHJMQ et brûler la ligue.

Là, puisqu’il n’est pas une superstar à la Samuel Poulin ou Jakob Pelletier, il ne faudrait plus en parler? Ça ne veut pas dire qu’un jeune joueur X n’est pas à l’image, après avoir connu son éclosion au niveau junior, de ce qu’il était lors de sa, théoriquement, 2ème année Bantam, qu’il faut lever le nez sur lui et qu’on ne gagne rien à parler de lui.

Simoneau n’a peut-être pas le talent, la notoriété et l’influence de ses compatriotes du repêchage 2017, mais ce qu’il a accompli au niveau de la LHJMQ est digne de mention, même s’il n’a jamais franchi la barre des 100 points. Si parler de déception dans le cas de l’attaquant des Voltigeurs est déjà quelque chose qui me sille les oreilles, on ne peut pas dire que la barre était basse quand il faisait ses premiers pas au sein du circuit Courteau.

Une saison 2019-20 déterminante

Simoneau connait une carrière qui n’est pas loin de l’exception dans la LHJMQ. On a commencé à le réaliser sérieusement seulement lors de la saison 2019-20, quand son rôle a drastiquement changé et qu’il a assumé, avec brio, de très grosses responsabilités, mais je ne sens pas que le crédit donné à ce fameux attaquant de la cuvée 2017 est proportionnel à ce qu’il apporte comme contribution à son équipe depuis le début de la saison 2017-18.

Parlons justement de cette campagne 2019-20. Après avoir, entre 2017 et 2019, maintenu une moyenne assez impressionnante qui avoisinait le point par match dans de gros clubs, les vrais défis attendaient l’attaquant natif de Gatineau.

Je me souviens avoir entendu à de nombreuses reprises qu’une reconstruction quelque peu pénible s’amorcerait à Drummondville. L’ancien de l’Intrépide de Gatineau était un des rares joueurs de la super édition de 2018-19 qui était de retour, et ses coéquipiers de cette même édition qui allait enfiler à nouveau le chandail des Volts en 2019-20 se comptaient sur les doigts d’une main. On a même vu Dawson Mercer plier bagage à la fin du mois de décembre, oui!

Le reste de l’équipe était essentiellement composée de recrues et de vétérans qui étaient en surplus chez des équipes plus fortes. Malgré le fait que la formation de Steve Hartley était loin de convaincre les analystes, la formation du Centre-Du-Québec a quand même réussi à passer une grande majorité de la saison dans le top 3 de l’association Ouest, ce qui représente une grande surprise même si l’Ouest n’était pas l’association qui regorgeait d’équipes aspirantes à ce moment-là.

Auteur de 81 points, bon pour le premier rang de son équipe en 2019-20, et 31 points devant son plus proche poursuivant, on peut clairement voir que l’attaquant gatinois a été l’auteur de quelque chose d’assez impressionnant. Le vétéran des Voltigeurs a reçu quelques éloges à son égard pour ce qu’il a réalisé la saison dernière, mais, de l’autre côté, on ne peut pas dire qu’il a reçu une pluie de commentaires élogieux à son endroit également.

On a préféré parler de Poulin et de Pelletier, qui, oui, étaient des pièces importantes à des équipes qui étaient sérieusement candidates aux grands honneurs, mais il faut également savoir que ces deux attaquants talentueux étaient très bien entourés également. On ne pouvait en dire autant des coéquipiers de l’actuel capitaine des Voltigeurs, même si certains d’entres eux en ont surpris plusieurs.

Je ne dis pas que Simoneau est un meilleur joueur que les sélections numéro 2 et 3 de l’encan 2017 de la LHJMQ. Ce que j’essaie de faire comprendre, c’est que, réfléchissons deux minutes, et posons-nous la question: pourquoi le 9ème choix en 2017 reçoit une part de crédit, sans plus, pour avoir pratiquement transporté une équipe sur son dos vers des sommets intéressants, quand on préfère inonder des Québécois de crédits qui ont déjà une réputation formée qui jouent bien dans des clubs bien nantis en talent?

Un leader sur la glace

Simoneau a été nommé capitaine des Voltigeurs pour des raisons qui concernent l’interne et qui ne nous regardent pas, les amateurs. Par contre, on peut facilement déceler certaines qualités, sur la patinoire, de leader qui lui méritent ce titre.

L’attaquant des Voltigeurs est tout d’abord un attaquant agile et très rapide dans l’exécution. Il sait comment se départir de la couverture adverse avec son coup de patin en plus d’être très bon en entrée de territoire.

Le petit attaquant possède tout plein de qualités individuelles, mais il est conscient qu’il joue avec 4 autres joueurs sur la patinoire. Simoneau est un excellent fabricant de jeux et il possède une très bonne vision du jeu.

Aussi, ce que j’aime chez lui est son implication, son jeu avec la rondelle et sa très bonne prise de décisions, alors que tout ce qu’il fait avec la rondelle, il le fait bien. Quand je dis qu’on peut voir un leader en lui sur la patinoire, c’est non seulement à cause de son implication ou de la façon qu’il joue avec ses coéquipiers, mais aussi par son éthique incroyable et presque parfaite.

N’importe qui peut comprendre, en observant un seul match de Simoneau, comment il a pu faire de l’édition 2019-20 de la formation de Steve Hartley une équipe très respectable et compétitive presque à lui seul. Seule sa présence est facteur rassurant et déterminant pour ses coéquipiers.

Je me demande même comment cette éthique a pu passer sous le radar auprès des recruteurs des différentes formations de la LNH. Est-ce que cette impopularité dans son cas n’est pas le résultat de son petit gabarit, qui doit inquiéter bien des gens?

En bout de ligne, je crois que Simoneau aura apporté pile ce qu’on attendait de lui lors de son entrée dans le circuit Courteau: du talent, de l’éthique et une excellente contribution, même s’il ne s’illustrait pas comme un joueur étoile. Est-ce que son talent et tous ses attributs vont encore passer sous le radar lors du prochain repêchage à cause de ses 5’7″?

Crédit photo: Neutral Zone, RDS, Le Droit

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